S C U 6ÿ$
ne'ceffaire. Mais comme le naturel peut avoir fes défauts;que le jeune élève, à force de les voir & de les copier,doit naturellement les tranfmettre dans fes ouyrages,il lui faut un guide fdr pour lui faire connoître lesjuftes proportions & les belles formes.
Les fiatues grecques font le guide le plus fûr; elle?font & feront toujours la règle de la précifion , de lÿgrâce & de la nobleffe , comme étant la plus parfaiterepréfentation du corps humain. Si l’on s’en tient à unexamen fuperficiel, ces liâmes ne paraîtront pas ex-traordinaires , ni môme difficiles à imiter; mais l’Artifteintelligent & attentif, découvrira dans quelques-unesles plus profondes connoiflances du deffin , & toutel’énergie du naturel. Aulli les fculpteurs qui ont leplus étudié & avec choix les figures antiques , ont-ilsété les plus diltingués. Je dis avec choix , & je croiscette remarque fondée.
Quelque belles que foient les fiâmes antiques, ellesfont des produétions humaines, par conféquent fulcep-tibles des foibleffes de l’humanité: il ferait donc dan-gereux pour l’artifte d’accorder indiftinâement fonadmiration à tout ce qui s’appelle antiquité. Il arriveraitqu’a près avoir admiré dans certaines antiques de préten-dues merveilles qui n’y font point, il ferait desefforts pour le les approprier , & ne ferait point admiré.Il faut qu’un difcernement éclairé, judicieux & fanspréjugés, lui fafle connoître les beautés & les défautsdes anciens ; & que les ayant appréciés, il marchefur leurs traces avec d’autant plus de confiance, qu’a-lors elles le conduiront toujours au grand. C’efi: dansce difcernement judicieux que paraît la juffeffe del’efprit, j es talens du fculpteur font toujours en