INTRODUCTION GENERALE
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pourpoints des gens de qualité furent de nouveau taillés, et pour longtemps, dansles pièces de ce précieux tissu.
François I er ne se contenta pas de donner aux fabriques de soieries lyonnaisescette impulsion qui devait assurer plus tard leur supériorité ; il institua à grandsfrais à Fontainebleau, sous la direction de Rabon de la Bourdaisière, surintendantdes bâtiments royaux, une importante fabrique de tapis. Les plus habiles ouvriersaccoururent de toutes parts à l’appel du monarque, en même temps que les artistesles plus éminents de l’époque ; il suffira de citer parmi ceux-là Le Primatice qui,sur les instances de François I er , quitta l’Italie en 1540. On comprend l’influencequ'un maître de cette valeur dut exercer sur l’établissement qui venait de naître.Henri II ne négligea rien à son tour pour augmenter l’importance de la manufacturede Fontainebleau. Ce fut le célèbre Philibert Delorme qui en prit la directionen 1^0, et qui, par ses conseils, détermina le roi à créer une deuxième fabriquede tapisseries, qui fut établie à Paris dans les bâtiments de la Trinité. Les fabriquesde soieries prirent également sous Henri II un nouvel essor. Les premiers bas desoie, tricotés à la main, furent portés par ce prince aux noces de sa sœur Margueritede France avec Emmanuel Philibert, duc de Savoie. Ce modeste et utile produitappelé tricot , dont l’invention remonte aux Egyptiens, fit son apparition en France.Il devint le passe-temps obligé de nos châtelaines. Ce ne fut guère que cinquanteans plus tard, vers la fin du xvi e siècle, que fut inventé par William Lee, ministreprotestant de Woedborough, le premier métier à bas, ou plutôt la machine àtricoter. On n’en continua pas moins à tricoter à la main. Les grandes dames quine brodaient plus depuis longtemps pour leurs chevaliers ces précieuses écharpes,sur lesquelles resplendissaient les fils d’or de deux chiffres coquettement enlacés, semirent courageusement et prosaïquement à-tricoter des bas. La fin malheureused’Henri II avait, d’ailleurs, emporté ce qu’il restait en France d’idées chevaleresques.Les règnes peu poétiques des derniers des Valois n’étaient pas faits pour releverces idées au souffle desquelles les arts s’étaient si souvent épanouis, et qui avaienteu pour celui de l’ornement des tissus de si brillants résultats. Les guerres civiles, lafamine qui suivit le siège de Paris, continuèrent d’enrayer le grand mouvement dela Renaissance; il ne ressuscitera qu’au siècle suivant, grâce à l’ordre que Sully sutapporter dans les finances et à la puissante volonté du Roi vert galant.
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