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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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tainebleau neût jamais imaginé un pareil retour en arrière, et sans doute aulieu d’une église gothique avec ouvertures flamboyantes, contreforts, pinacleset galeries à jour, nous contemplerions un édifice plus ou moins emprunté àla vénérable antiquité. Le souvenir de la Belle-Porte surtout qui, au témoi-gnage de Josephe , était de métal de Corinthe, eût éveillé dans l’esprit desnovateurs une autre idee que la double baie étroite soigneusement placée sousnos yeux. Tout le mérite de l’œuvre appartient donc à Jean le Pot, qui n’apas seulement exécuté, mais encore conçu. Et quant à l’époque où ce grandtravail prit sa place dans les larges baies de la cathédrale, elle ne nous semblepas très difficile à déterminer. En dehors du style, qui ne saurait nous tromper,tellement il est nettement accusé, n’avons-nous pas, pour nous mettre sur lavoie, les salamandres du roi chevalier? Il est donc à peu près certain qu’unepartie des sommes consenties par François I er , au retour de sa captivité, futconsacrée au chef-d’œuvre que nous étudions. D’après cela, en tenant comptedu temps nécessaire pour mener à bonne fin une semblable entreprise, si cesvantaux ne sont pas de l’année 1535, ils ne sauraient avoir été terminéslongtemps après 1 2 3 4 .

Nous avons déjà dit que saint Pierre était représenté, dans l’un des bas-reliefs, opérant son miracle le plus connu; en pendant, le sculpteur, naturelle-ment, nous montre saint Paul, non pas jeté à terre, comme le voudraient lesActes des Apôtres', mais simplement arrêté sur son cheval et prêtant l’oreilleà la voix qui lui dit : « Saül, Saül, pourquoi me persécutez-vous ? » Cettescène est suivie d’une autre plus calme, où le futur chrétien, frappé d’unesubite cécité, se dirige, à pied et la main sur l’épaule d’un soldat, vers la villede Damas, qui profile au second plan la longue ligne de ses tours et de sescréneaux *. Puis, vers la gauche, nous l’apercevons de nouveau dans une cor-beille que ses disciples font glisser le long de la muraille, durant la nuit, pourl’arracher à la haine féroce suscitée par sa conversion 5 .

Tout à l’heure nous ne marchandions pas les éloges à Jean le Pot, etcertes nous n’avons pas envie de revenir sur ce que nous avons dit. A notreavis, les portes de Beauvais, sans sortir de la France, sont bien supérieures à

1. Antiq.. XV, 14.

2. Nous n’ignorons pas que le transsept méridional ne fut achevé qu’en 1550, a i ns i d ue montre ulle ^ ace P e ^ nt:een noir à la voûte. Mais le portail, commencé en 1500, devait à cetce époque, depuis longtemps, servir de passage pourpénétrer de ce côté dans le chœur, et il n’est pas étonnant qu’il fût, en conséquence, muni de vantaux.

3. « Et cadens in terram audivit vocem, etc. », IX, 4. Le casque de 1 apôtre seulement gît sur le sol.

4. « Ad manus autem ilium trahentes, introduxerunt JDamascum », IX, 8.

5. « Accipientes autem eum discipuli nocte, per murum dimiserunt eum, submittentes in sporta », IX, 25.

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