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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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celles d’Aix, d’Avignon et même de Rouen. Elles sont mieux comprises queces dernières surtout, qui visent trop à la richesse, manquent d’unité, et dontcertaines parties pourraient être détachées sans inconvénient h Mais nous neprétendons pas cependant que notre artiste soit sans défaut. Comme tantd’autres, il se laisse facilement entraîner par l’amour du pittoresque et veutfaire jouer à la sculpture un rôle qui ne saurait légitimement lui appartenir.Ses bas-reliefs sont conçus comme un tableau, et il ne recule pas devantla création de lointaines perspectives où les constructions dominent, mais oùles arbres non plus ne sont pas oubliés. De là résulte un certain amoindrisse-ment des personnages principaux, qui ne nous apparaissent pas, dès le premierabord, avec toute la netteté désirable et leur véritable valeur 3 .

Avant de quitter la cathédrale, qui nous a déjà retenu bien longtemps,il n’est peut-être pas inutile de faire une incursion dans le domaine de lapeinture sur verre, si admirablement cultivé à Beauvais durant toute la pre-mière moitié du xvi e siècle. C’était l’époque, en effet, où florissait Engrand lePrince J , dont le nom, quelque peu mis en lumière par des travaux récents,n’est cependant pas encore assez connu. Il est vrai qu’avec une persistancesingulière, on refuse à ce maître distingué jusqu’aux œuvres qui portent le plusvisiblement sa signature ! Et cette injustice, il n’est pas seul à en souffrir; sesdeux fils, Jean et Nicolas, qui héritèrent de son talent et marchèrent glorieu-sement sur ses traces, partagent en général le même sort. Toutes les préférencessont pour une autre famille d’artistes dont on méconnaît systématiquement lesaptitudes pour s’accorder le vain plaisir d’expliquer certains monogrammes d’unemanière contraire à la vérité. Sans aucun doute Jean le Pot eût pu être à lafois sculpteur et peintre verrier; mais puisque les documents ne lui donnentjamais que la première qualification, nous devons, jusqu'à nouvel ordre, nousen tenir à ce qui est avéré. Le même raisonnement s’applique à Nicolas le Pot,

1. Par exemple, la large console qui coupe chaque baccant par le milieu et supporte des statues bien inutiles.

2. Nous ne connaissons pas l’époque de la naissance de Jean le Pot, mais la date de son mariage nous a étéconseivée, ainsi que celle de sa mort. En 1520, il épousa la fille d’Engrand le Prince, le célèbre peintre verrier, et sa viese prolongea jusqu’au 12 juillet 1563. Sa tombe, dit M. de Saint-Germain ( op. cit., p. 44), se voyait autrefois dans lecimetière de Saint-Etienne, près de la tribune aux harangues.

3. Engrand ou Enguerrand. La première forme était la plus usitée, ainsi que le prouve l’épitaphe suivante, citéepar M. de Saint-Germain :

CY GIST ENGRAND LE PRINCEEN SON VIVANT VITRIER NATIF DE BEAVVAISLEQVEL DECEDA LE JOVR DE PASQUES FLEVRIE l 53 o.

Cf. Description des vitraux des chapelles de la cathédrale de Beauvais, par l’abbé Barraud. — Description des deux grandesrosaces , etc., par le même.