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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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connu seulement comme peintre de grisailles. Ajoutons, de plus, que le nomde ce dernier ne figure dans aucun des anciens écrits relatifs à la cathédrale 1 .

On ne saurait, au contraire, arguer d’un semblable silence pour s’élevercontre la thèse que nous soutenons. Dans sa précieuse Notice, tout récemmentmise au jour 2 , un chanoine de Beauvais, Étienne de Nully, qui, par sa position,devait être bien renseigné et, du reste, vivait à une époque assez rapprochéedes événements, ne nous dit-il pas :

« Les vitres de la chapelle de Sainte-Barbe, du dessein de Lucas;

« Celles de la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul;

« Celles de la grande rose du portail du midy;

« Les sibylles de la rose du portail du septentrion, le tout de Le Prince. »Si nous devons être embarrassé maintenant, ce n’est donc que sur le choixà faire des différents artistes de la famille indiquée. Mais, grâce à Le vieil 3 ,nous savons que le vitrail de la chapelle Sainte-Barbe était de son tempsattribué à Engrand le Prince ; opinion très vraisemblable que la date de 1522,nettement tracée, ne fait que confirmer. Quant aux trois autres compositions,elles se répartissent à peu près également entre Jean et Nicolas, le premiers’étant réservé le côté du nord et le second celui du midi 4 .

Quelque belles et intéressantes que soient les peintures translucides dontnous venons, pour ainsi dire, de dresser l’acte de naissance, leur examen nenous attardera pas davantage, car nous avons hâte d’introduire le lecteur dansl’église Saint-Étienne, plus riche encore que la cathédrale en œuvres des maîtresqui nous occupent en ce moment 5 . Toutefois, si nous reconnaissons la main

1. Cela n'empêche pas M. de Lasteyrie ( Histoire de la peinture sur verre d'après ses monuments en France. Paris,1858, in-folio) d’écrire au-dessous de sa LXXV e planche : « Saint Matthieu et saint Marc, par Nicolas le Pot, 1551. «Or, il s’agit de deux vitraux placés dans le transsept méridional et portant le monogramme N. L. P., qui doit se lire :« Nicolas le Prince ». Nous nous sommes déjà, du reste, élevé contre ces attributions fautives, en 1876, a propos desverrières de l’église Saint-Vincent de Rouen ( Congres archéologique de France. Séance générale tenue à Rouen. Paris, 1877,p. 376-9). La justice également nous oblige à dire que la question est assez bien résumée dans l’ouvrage souvent citéde M. Desjardins (p. 51-54), q ue nous ne connaissions pas alors.

2. Notice de la cathédrale en tC 8 ^. N° 2 des Pièces justificatives de M. Desjardins, 1875, p. 230.

3. Art de la peinture sur verre , p. 80. 1768.

4. Le 15 juin 1537, Jean le Prince reçoit un payement « pour vitrage de la croisée vers le septentrion ». D aprescela, il semble que l’on peut sans difficulté lui attribuer les sibylles mentionnées par Étienne de Nully. Nicolas, aucontraire, doit avoir exécuté le vitrail de la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul, qui porte la date de 1 5 5 1 •> déjàsignalée à la croisée méridionale, avec le monogramme N. L. P. Il était certainement plus jeune que son frere, dont lenom seul se trouve uni à celui d’Engrand dans le vitrail des Œuvres de miséricorde, a l’église Saint-Vincent de Rouen.

5. Alexandre Lenoir, dans son Traité historique de la peinture sur verre (2° édition, Paris, Dumoulin, 1856,p. 75), dit à ce propos : « Il (Engrand le Prince) se surpassa tellement dans les vitres qu’il exécuta dans 1 église Saint-Étienne, que le cardinal Janson, alors évêque de Beauvais, qui ne pouvaic se lasser de les admirer, y conduisait lui-même les étrangers qui venaient le visiter. » Le fait rapporté par Lenoir peut être vrai ; mais nous ne saurions cepen-dant laisser croire que le cardinal de Janson ait vécu du temps de Louis XII ou de François I e1 . Ce prélat ne futtransféré du siège de Marseille à celui de Beauvais qu’en 1679, sous Louis XIV.