ILE-DE-FRANCE.
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genre que le nord de la France puisse nous présenter, les défauts que plustard nous serons obligé de signaler ne se font aucunement sentir. C’est en vainque l’on chercherait trace d’une lutte engagée entre la peinture opaque et lapeinture translucide, et si le dessin est évidemment plus correct que dans lestemps anterieurs, il ne s en borne pas moins a appuyer avec énergie uneharmonie de couleurs 1 . Nous ne sommes, il est vrai, que dans les premièresannées du xvi e siècle, vers 1518 environ, et les bonnes traditions ne sont pasencore perdues. Le règne de l’imitation ne commencera que plus tard, lorsquel’art du verrier, oublieux des véritables conditions de son existence, se lanceradans une voie où il pourra bien recueillir quelque gloire, mais où, en réalité,il y aura souvent pour lui plus de perte que de profit.
Un dernier vitrail mériterait d’attirer notre attention : c’est celui consacréà reproduire la légende de Notre-Dame-de-Lorette 2 . Mais l’examen de cettebelle composition nous entraînerait trop loin. D’ailleurs, tout ce que nousavons déjà dit suffit amplement pour démontrer que Beauvais fut, à l’époquede la Renaissance, un grand centre artistique où la peinture principalement,sous ses différentes manifestations, fut cultivée avec un plein succès. Les troisLe Prince, en effet, ne doivent pas nous faire oublier Antoine Caron, queThomas de Leu, avec un peu d’indulgence, nous le voulons bien 3 4 5 , place àcôté de François Clouet et de Jean Cousin. Seulement, moins heureux que sesprécédents compatriotes, cet artiste n’a vu aucune de ses œuvres sérieusespasser à la postérité, et nous sommes aujourd’hui fort embarrassés pour portersur son talent un jugement de quelque valeur*.
Ce n’est pour ainsi dire pas changer de sujet que de parler d’une maisonsituée rue Saint-Thomas s , et remarquable par les carreaux émaillés qui rem-
1. Certaines couleurs, rapprochées les unes des autres, se complètent et acquièrent une plus grande intensité; telssont, par exemple, le vert et le rouge. Engrand le Prince ne l’ignorait pas; aussi a-t-il donné des vêcements rouges à tousses rois, qui semblent sortir d’une touffe de feuillage.
2. La planche LXXVI de M. de Lasteyrie porte cette légende : « Notre-Dame de Lorette, d’après un cartonattribué à Raphaël. » D’un autre côté, nous lisons, dans l’Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, parLanglois : « Il se piquait (Engrand le Prince) d’obtenir ses modèles des plus grands artistes de l’Italie et de l’Allemagne,et dans le xvm e siècle on conservait encore à Beauvais des dessins précieux qu’il s’était ainsi procurés. » Mais rien neprouve que le vitrail en question soit d’Engrand le Prince; il est d’ailleurs signé P. L. P., ce qui ne s applique a aucunmembre connu de la famille.
3. Thomas de Leu était le gendre d’Antoine Caron, ce qui pourrait expliquer la place qu il lui a donnée dans sagalerie des hommes illustres.
4. Cf. Antoine Caron de Beauvais, peintre du xvr siècle, par A. de Montaiglon. In-8° de 23 pages. —De Laborde :la Renaissance des arts à la cour de France, t. I, p. 228-230; t. II, p. 789-827. On ne connaît de cet artiste que ses dessinset les gravures exécutées d’après ses compositions.
5. E. Woillez : Répertoire, etc., p. 27, — A. Berty (Renaissance monumentale, etc., t. I er ) dit que cette maison estsituée rue du Chariot-dé Or.