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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

plissent les interstices de son colombage. Seulement faut-il voir dans cettecurieuse construction l’indice d’un goût pour la polychromie extérieure, quelquepeu général à cette époque; nous ne le pensons pas. La vraisemblance veutplutôt que nous nous trouvions en présence d’une exception plus ou moinsrare. « Si cette maison constituait un type d’art normal », dit avec raisonM. Berty, « on connaîtrait infailliblement d’autres exemples du système dedécoration dont elle offre un modèle, on constaterait un plan dans le choixdes carreaux, semés sans ordre, et dans les motifs se distingueraient les tracesd’une conception architectonique quelconque; or, on n’aperçoit rien qui res-semble à cela, et, tous différents de style, d’exécution et même de dimension,ces carreaux grossiers paraissent être simplement les restes, ingénieusementutilisés, de matériaux destinés à des constructions diverses 1 2 . » Mais où le savantarchitecte se trompe, c’est lorsqu’il suppose, pour expliquer ce qui nous préoc-cupe, la visite d’un maçon picard « à quelque riche et nouveau manoir, auchâteau de Madrid peut-être ». Sans aucun doute la maison de la rue Saint-Thomas n’est point du xv e siècle, ainsi que le prétend M. Viollet-le-Duc 3 ,mais on ne saurait non plus retarder sa construction jusqu’au milieu du règnede François T 1 ' 3 . Si certains détails accusent très nettement une période où l’artde la Renaissance était tout à fait constitué, l’ordonnance générale et le carac-tère des profils rappellent de leur côté le style ogival de transition. Or, pourtrouver le mélange dont nous parlons, point n’est besoin de se soumettre auxexigences du système préconisé par M. Berty. Les « dispendieux émaux » deJérôme délia Robbia n’ont, en outre, qu’une ressemblance très éloignée avecde vulgaires carreaux de parements, détournés par un caprice de leur desti-nation véritable, et une fantaisie, en définitive, ne doit pas être prise pourune imitation.

Bien que présentant moins d’originalité, la maison à pans de bois dite deF Image Saint-Jean est un type intéressant de l’architecture civile au xvi e siècle.Toute son ornementation est conçue dans les plus pures données de la premièreRenaissance, et nous admirerions volontiers certaines sculptures du rez-de-chaussée 4 , si l’on n’avait eu l’étrange idée de leur appliquer une couche depeinture du plus pitoyable effet. De plus, nous avons hâte de constater qu’à

1. La Renaissance monumentale, t. I er , p. 2.

2. Dictionnaire raisonné , etc. t. I, p. 40.

3. M. de Laborde [Renaissance des arts, etc., p, 1030) a parfaitement établi que le château de Madrid n’a pu êtrecommencé avant l’année 1529.

4. La porte s’ouvre encre deux statues d’homme : l’un qui bat un chien et l’autre qui se bat avec un lion.