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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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style classique, mais lourd, et disgracieux, nous saluerons un très remarquablecalvaire dont le support élevé est creusé, sur chacune de ses quatre faces,d’une niche sculptée avec une extrême délicatesse 1 . La même région nous mon-trerait encore, à Saint-Martin-aux-Bois, une porte plein cintre entre deuxcolonnes cannelées, sous un entablement complet, avec accompagnement defronton et tous les mille petits détails d’une sévère élégance qui caractérisentle règne du second des Valois.

A la même époque appartient la décoration, tout dernièrement renouvelée,de la Porte-Chapelle, à Compiègne, qui montre, en pendant à celles de la ville,les armes du connétable Anne de Montmorency. Mais, dans la circonstance, ilne pouvait être question d’harmoniser la sculpture avec la construction qui luiservait de support et de fond. Sous peine de tomber dans le gigantesque, forceétait bien de renoncer à encadrer convenablement l’immense entrée d’unegalerie souterraine qui se prolonge à une assez grande distance, et les ornementsjetés à la partie supérieure, autour du cintre, paraissent naturellement isolés etcomme suspendus à une hauteur de convention. Ce mode d’arrangement, parsa singularité même, n’en est pas moins digne d’attention, et c’est à ce titreque nous avons tenu à le faire connaître ici.

Pour terminer avec Compiègne, dont le bagage n’est pas très considérable,il resterait à parler des riches vantaux qui se répètent presque identiquementaux deux églises de Saint-Antoine et de Saint-Jacques. Ces œuvres de lapremière Renaissance sont, toutefois, recouvertes de si nombreuses couches depeinture, qu’à peine apparaît la silhouette de leurs arabesques et de leursmédaillons. Aussi préférons-nous aller à Saint-Germain, où rien n’empêched’examiner avec soin un très curieux banc d’œuvre, daté de 1587 2 . La sculp-ture , il est vrai, n’est pas d’une grande finesse et décèle l’époque de son

1. Commune de Montigny-en-Chaussée, au lieu dit le Bouquet de l’Église. Plusieurs inscriptions sont gravées surle petit monument; nous ne citerons que la suivante, qui donne une idée des autres :

ClRCVDEDERVNTME CANES MVLTI.

CoME CHIES ANIMESFVS DEVX EVIRONESTIRANISESEN TOVTE PLACE

Ils ont mon corps

AvSSI MA FACE.

Il n’y a pas de date; mais les sculptures nous semblent très voisines de 1560.

2. Ce banc d’œuvre provient de l’église Saint-Jacques, ainsi que le rappellent les coquilles, les panneneres et les

bourdons sculptés sur le dossier.