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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

pas du premier dessein, ny pour la beauté, ny pour la commodité. Il alla de làfaire la belle voûte qui est en l’église de Meignelay'. »

A qui fera-t-on croire que Philibert de l’Orme, l’un des plus savantsarchitectes de la Renaissance, se soit jamais trouvé dans l’embarras que nousvenons d’indiquer? En outre, quel est celui des Vast auquel pourrait s’appliquerla légende ? Évidemment il ne saurait être question du premier, puisqu’ilétait mort depuis quarante ans lorsque fut commencé le palais des Tui-leries 1 2 . Le second, d’un autre côté, entre les années 1564 et 1570 3 , se trouvaittellement absorbé par les travaux dont nous avons parlé plus haut, qu’il ne pou-vait guère songer à jouer un tour à ses confrères. Reste à chercher s’il n’a pasexisté un troisième membre de la même famille, fils et petit-fils des précédents 4 .Mais cette découverte, fût-elle admise sans contestation, serait loin de nous satis-faire entièrement. Il faut n’avoir jamais vu l’église de Maignelay pour supposer

tj.

que cet édifice ait pu être construit dans les dernières années du xvi e siècle.Ses voûtes en contre-courbe d’une originalité si puissante, qui n’ont peut-êtrepas leurs semblables dans la France entière, qui accusent chez l’architectë unparti pris de lutter contre les difficultés les plus grandes, sont évidemment con-temporaines de l’avènement de François I er , ainsi que le démontrent aux yeuxde tous une ornementation surabondante, des nervures entre-croisées et de mul-tiples pendentifs. C’est donc au premier des Vast qu’il faut en faire honneur,et point n’est besoin, pour se rendre compte de cette richissime architecture,d’inventer une fable ridicule, ni de supposer un maître d’œuvre qui n’existaprobablement jamais.

Nous ne quitterons pas l’église de Maignelay sans signaler un élégantpetit monument funéraire qui rappelle, par ses dispositions générales, le tom-beau de Sidrach de Lalaing, à Saint-Omer 5 . Puis, en allant à Ravenel, oùnous attend un grand retable en pierre, daté de 1549 et conçu dans le pur

1. Supplément à Vhistoire du Beauvoisis. par Denis Simon, p. 121.

2. Au mois de mai 1564,

3. Philibert de l’Orme mourut à Paris, le 8 janvier 1570.

4. Telle est l’opinion de M. Adolphe Lance ( Dictionnaire des architectes français, t. II, p. 338}. Mais on sait quellepeu de valeur a cet auteur sans critique, qui ne connaît pas même le plus célèbre des Vast, celui qui a élevé la flèche dela cathédrale de Beauvais, et, d’ailleurs, fait construire, par le problématique architecte qui nous occupe, non l’escalier desTuileries, mais celui du Louvre ! ! !

5. Ce monument est bien postérieur à l’église et ne saurait remonter au delà du règne de Charles IX. La placeoccupée ordinairement par un bas-relief est ici divisée en deux arcades, sous chacune desquelles esc figuré un squelette quitient devant soi une sorte de tableau vide. Au-dessous, nous lisons, à gauche : Mors omnibus equa; à droite : Stipendiumpeccati mors. Dans l’amorcissemenc, le sculpteur a représenté la chute d’Adam et d’Eve. Quelles sonc ces deux personnes— le mari et la femme, évidemment — auxquelles on a voulu rendre hommage? nous l’ignorons. Peut-être deux membresde la famille d’Halluin, qui possédait alors la seigneurie de Maignelay.