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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
« Entre chaque arcade, un contrefort en saillie vint assurer la soliditédu tout; la forme élégante qu’on donna à ces piliers et les sculptures dont onles couvrit vinrent servir à l’ornementation. Ces contreforts se terminaient enflèches qui allaient jusqu’au sommet du bâtiment, où ils s’épanouissaient enfleurons : les arcades elles-mêmes furent couvertes d’arabesques les plus richeset les plus variées; un bel entablement surmontait certainement le tout, cou-ronné lui-même d’une galerie à jour précieusement travaillée, et d’un de ceshauts toits à la manière du temps, qu’une crête en fer, se découpant sur leciel, devait rendre plus pittoresque encore.
« Ajoutons que les voûtes du cloître furent, plus tard, peintes des cou-leurs les plus vives, que les nervures furent en partie dorées, et que lesblasons, entourés de rinceaux qui se trouvaient en sculptures saillantes à chaqueintersection de nervures, furent peints, dorés ou argentés, selon ce que vou-laient les pièces de ces blasons; qu’enfin, douze médaillons de haut relief,représentant la famille royale et quelques personnages de la cour, vinrentcompléter la richesse sans pareille du monument qui, alors qu’il fut entière-ment terminé, dut présenter l’aspect le plus imposant et le plus délicieux qu’onpuisse imaginer 1 . »
Cette description est naturellement suivie de conjectures sur le nom del’architecte auquel il faut attribuer la transformation du château de Sarcus.Mais dans ce travail de recherches, le croirait-on? on ne se donne même pas lapeine de discuter les droits que la France peut bien avoir à cette brillante archi-tecture. Partout il n’est question que de l’Italie, et cette prédilection inexplicableentraîne l’auteur non seulement à nier, au sujet de Gaillon, les résultats les plussérieusement acquis, mais encore à étendre la liste des constructions dont, troplongtemps, on a fait honneur à Fra Giocondo. Cependant, puisqu’il est certainqu’en 1523 l’œuvre qui nous occupe était assez peu avancée pour qu’on n’eût pasdépassé les grandes arcades du rez-de-chaussée 2 , nous ne voyons pas comment lecélèbre dominicain, rentré en Italie depuis plus de quinze ans à cette date etmême mort depuis quatre, aurait pu en quoi que ce soit faire sentir son action 3 .
1. Notice sur le portique de Sarcus pp. 6-8.
2. Cette date de 1523 se lit sur la clef de l’arcade centrale du petit portique dit de Sarcus, à Nogent-les-Vierges.Suivant l’habitude de l’époque, elle doit se rapporter à l’achèvement de cette partie de la construction.
3. Nous savons, en effet, que Fra Giocondo était occupé, en 1509, à fortifier Trévise durant la guerre de l’empe-reur Maximilien contre la république de Venise. Plus tard, nous le retrouvons à Rome où, malgré son âge avancé (il avaitalors plus -de quatre-vingts ans, ainsi qu’il résulte d’une lettre de Raphaël à Simone Ciarla, citée par les annotateursde Vasari), il fit d’importants travaux de consolidation à la basilique de Saint-Pierre. Sa mort est généralement placéeen 1519.