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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
En dernier lieu, si l’on examine, à Écouen, la loge en avant-corps quidonne sur la grande terrasse, il est difficile de n’être pas frappé du bizarreagencement de l’étage supérieur. Là encore tout l’entablement se trouve inter-rompu, et le cintre d’une large baie tend à pénétrer dans le fronton. Surce point, comme il était naturel, à Chantilly il y a progrès en un certainsens, car l’opération est faite. La surface, jadis destinée à recevoir une décora-tion quelconque, à former couronnement, est envahie par la base, profondé-ment échancrée, et le rôle des deux rampants appliqués presque directementsur l’archivolte des fenêtres devient quelque peu problématique.
De l’analyse que nous venons de faire il résulte évidemment à nos yeuxqu’il existe, entre les deux habitations élevées par le connétable de Montmorency,de tels liens de parenté, que l’architecte de la première ne saurait être étrangerà la seconde. Tout autre maître n’aurait pas été prendre justement à Écouen lesdéfauts sur lesquels nous nous sommes appesanti à dessein, pour les développeravec cette fermeté de conviction qui n’appartient qu’aux inventeurs. Il eûtétabli un compromis entre ce qu’il empruntait à Jean Bullant et ce qui prove-nait de son propre fonds, et nous retrouverions en formation, quelque partailleurs, au moins certaines combinaisons mises en pratique au petit château.L’absence de toute filiation autre que celle indiquée dans ce travail est doncune preuve irréfutable, croyons-nous, de la vérité de notre assertion 1 .
Jean de Sarcus, nous l’avons vu, désirant se créer une demeure plus enharmonie avec le temps où il vivait, n’avait trouvé rien de mieux que de fairesubir au vieux château de ses pères une entière transformation. C’est égalementde cette manière que crut devoir procéder, à Chantilly, le dernier baron deMontmorency. Partagés entre les souvenirs de la féodalité et les aspirationsnouvelles, ces deux seigneurs avaient cherché à satisfaire les unes sans trop sedépartir des autres. A leur époque, la distinction entre le château forteresse etle château résidence n’était pas encore faite. Bien que l’on ne songeât plussérieusement à se défendre derrière des murs trop faibles et nullement édifiéspour résister aux modernes engins de destruction, on aimait encore à s’en-tourer d’un certain appareil militaire, à faire montre de droits bien amoindris.Mais dans la seconde moitié du xvi e siècle, à partir du règne de Henri II, lesidées, sous ce rapport, se modifièrent à ce point que tout ce qui rappelait le
i. Du Cerceau, qui aurait si bien pu nous renseigner sur ce que nous cherchons à deviner, se borne à dire : « Enla court première est l’entrée du logis. Les faces des basdmens estans en icelle tant dans la court que dehors, suivent l’artrustique, bien conduicts et accoustrez. » Loc. cit.