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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
L’architecte du roi était alors Baptiste Androuet du Cerceau, deuxième fils deJacques, le célèbre graveur, qui sans aucun doute tint à honneur de ne rienchanger à des projets que son père, en quelque sorte, avait popularisés 1 .Toutefois, nous ne sommes pas certain que les choses aient jamais été pousséesau point où l’on avait l’intention de les conduire en premier lieu. Il se pour-rait fort bien que l’on ait renoncé à « esclarter l’œuvre » en dressant « surle devant, vers le val, une salle de trente toises de long sur cinq de large, etune chambre à chaque costé, revenantes à la largeur de la salle, le tout cou-vert en terrace, et ayans un mesme regard : de manière que, sortant du logisneuf, on entrera en la terrace, regardant tousiours vers ce val ». Une pareilleadjonction était capable d’arrêter même Henri IV, quelque libéral qu’il fût àl’égard de ses maîtresses. Dans tous les cas, après la mort du roi, l’ère desconstructions fut entièrement close; la marquise d’abord, puis son fils, enfaveur duquel Louis XIV érigea Verneuil en duché, se contentèrent de jouirpaisiblement de ce magnifique domaine 2 . Quant aux Bourbon-Condé, quiremplacèrent leur cousin en 1682, leur administration fut, comme partout,désastreuse 3 . Le château, nullement entretenu, ne tarda pas à présenter leplus triste aspect, et sa ruine était consommée bien avant la Révolution. Denos jours, à peine en reste-t-il des débris méconnaissables, rarement indiquésaux voyageurs, qui ne doivent pas s’attendre surtout à retrouver un vallon« accommodé de iardins, canaux, allées couvertes d’aulnes, et toutes circuiesd’iceux canaux, avec un estang entre lesdits iardins et le bourg 4 ». Tout adisparu ou à peu près, et les gravures de du Cerceau nous rappellent seulesque là, plus qu’ailleurs peut-être, suivant le dire d’Olivier de Serres, on ne
1. Du Cerceau a traité le château de Verneuil avec une faveur toute particulière. Nous transcrirons ici les légendespleines d’intérêt dont il a accompagné ses dix planches doubles : « I. Le plan du bastiment de Verneul } tant du viel logis quedu nouveau encommance } avec les iardrins } allées et contenu , aussi partie du commencement de la closture du parc; II. Des-seing de lelevation de Verneul } tant du viel logis que du nouveau encommance , avec les iardnns, allées et canaux; III. Le plandu bastiment neuf. — Le plan du bastiment neuf comme il est de présent ; IV. Face du dehors du coste du parc , laquelle na esteparachevée ; V. Face dans la court opposite a celle de dehors du coste du parc , laquelle na este parachevée ; VI. La monstredu bastiment du coste du parc qui est lentree; VII. La monstre du bastiment du coste du vallon qui est opposite de lentree;VIII. Gallerie dans la court; IX. Ce desseing avait este arreste pour la face de la terrace qui eust este devant le logis neuf;X. Fontaine pour le iardrin.
2. Le duc de Verneuil était le second fils de Henri IV et de Catherine d’Entragues; il succéda à sa mère en 1632.OA peut voir dans Malherbe ( Lettres à Peirescj de curieux détails sur la manière dont le roi faisait vivre ensemble sesdivers enfants, quelle que fût leur origine. « Les personnages du ballet, dit-il, étoient Monsieur le Dauphin, Madame (Elisa-beth de France, qui devint reine d’Espagne), M. le chevalier de Vendôme, M Ue de Vendôme, M. et M Ue de Verneuil etquatre ou cinq autres petits garçons de leur âge. t II s’agit d’un ballet donné à Saint-Germain-en-Laye, en 1608.
3. Le beau château de Creil, par exemple, qu’avait habité la mère de François I e1 ', Louise de Savoie, fut mis envente, en 1782, par le prince de Condé pour être démoli. A la même époque Ecouen fut mutilé, ainsi que nous l’avons vuplus haut.
4. Les plus excellents bastiments de France , liv. I.