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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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pouvait voir sans étonnement « des herbes parlans par lettres , devises,chiffres, armoiries, cadrans; les gestes des hommes et bestes; la disposition desédifices, navires, bateaux et autres choses contrefaictes en herbes et arbustes,avec merveilleuse patience et industrie 1 ».

Jusqu’ici nous avons négligé à dessein de traiter une question à laquelle,dans toute circonstance, nous attachons une importance extrême. L’histoire desarts, en effet, ne peut raisonnablement s’élaborer qu’en rattachant à leursauteurs la plupart des œuvres qui sont l’objet d’une discussion. De cette manièreseulement nos idées sortent du vague qui les enveloppait, et la vie circuledans un corps trop longtemps inanimé. En l’absence de documents certains, lesconjectures elles-mêmes ne sont pas à dédaigner, car très souvent elles peuventmettre sur la voie de véritables découvertes. Elles dirigent l’attention vers unpoint oublié et suggèrent des recherches qui rarement demeurent sans résultat.

C’est à ce titre que nous signalons l’existence à Verneuil, dans la secondemoitié du xvi® siècle, d’un certain Jean Brosse, qualifié de « maistre architec-teur » 2 3 . Assurément nous n’avons aucune preuve que le comte de Dammartind’abord, puis le duc de Nemours, aient fait appel à son talent pour l’accom-plissement de leur programme, mais la chose est d’autant plus vraisemblablequ’il existe entre le palais du Luxembourg, à Paris, et le château que nousvenons d’étudier, une frappante analogie. Or, quand on réfléchit, d’un côté, quele nom de Salomon de Brosse est bien souvent, dans les documents, écrit sansla particule 5 ; d’un autre, que le célèbre architecte de Marie de Médicis est néà l’ombre du château de Verneuil, vers 1570 4 , on arrive à cette conclusionque les deux artistes étaient non seulement de la même famille, mais que lepremier doit être presque immanquablement le père du second. L’analogiedont nous avons parlé s’explique donc très facilement, et l’homme fait n’a eu

1. Théâtre d’agriculture, t. Il, p. 294. Olivier de Serres ajoute : « Il ne faut aller en Italie ni ailleurs pour voir lesplus belles ordonnances des jardinages, puisque notre France emporte le prix sur toutes nations, pouvant d’icelle, commed’une docte eschole, puiser les enseignements sur telle matière. » —A. Berty (la Renaissance monumentale, t. I er ) con-sacre également une planche aux jardins et canaux du château de Verneuil ,

2. Dans un acte daté du « vingt-cinquième iour de iuing l’an V e soixante huict », Jean Noël, laboureur, vend unpetit jardin « à honneste personne Jehan Brosse, M 6 architecteur, demourant à Verneuil sur Oize ». Dictionnaire des archi-tectes français, par Adolphe Lance, t. I er , p. 187-188.

3. a A Salomon Brosse, architecte général des bâtiments du Roy et de la Royne, mère de Sa Majesté, etc. »Compte des bâtiments de Marie de Médicis pour l’année 1616.

4. L’acte d’inhumation de Salomon de Brosse (Jal : Dictionnaire critique) constate qu’il est né à Verneuil, maissans indiquer de date. Seulement on peut aisément conjecturer qu’il avait quarante-cinq ans en 1615, lorsqu’il commença

le palais du Luxembourg.

Si nous disons Salomon de Brosse et non Jacques de Brosse, comme la plupart des biographes, c’est que le premierprénom figure seul dans les documents originaux. L’abbé de Marolles, un contemporain, dit également ( Catalogue deslivres d’estampes , etc., p. 76. Paris, 1666) : 1 Salomon de Brosse qui a basty Luxembourg. »

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