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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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En entremêlant sa composition de ces énormes pavillons qui donnent à1 ensemble tant de force et de majesté, de Brosse, nous ne le nierons pas,« ne fit que suivre une des traditions des anciens châteaux - forts dont laFrance était encore couverte ». Mais il ne faut pas lui faire honneur d’avoirle premier trouvé « une source de beautés dans ce qui n’offrait que des dispa-rates et des masses décousues, comme on les prodiguait autrefois 1 ». Quoiqu’en dise Quatremère de Quincy, la France connaissait, bien avant lexvii e siècle, « ce luxe des bâtiments qui était naturel à l’Italie 2 », et nousn’avions pas attendu la régence de Marie de Médicis pour introduire de larégularité dans nos constructions. Le Luxembourg ne fait que reproduire, avecdes dispositions moins heureuses, ce qui se trouve à Écouen et à Verneuil,car la répétition des deux gros pavillons, qui, du côté du jardin, composentla façade, donne de la pesanteur à toute cette partie de l’édifice.

Au contraire, sur la rue, une certaine ordonnance pittoresque règne dansle corps de bâtiment qui forme entrée. Les deux ailes ne communiquent plusque par une galerie de rez-de-chaussée surmontée d’une terrasse et coupée enson milieu par un pavillon que termine une coupole. Mais cet arrange-ment, où en remarquons-nous la première conception, si ce n’est à Verneuil ?Jusqu’alors les seigneurs étaient restés emprisonnés entre quatre hautes murailles,et Jean Bullant lui-même n’avait pas cru, à Écouen, pouvoir rompre avec latradition. Sans aucun doute, ses bâtiments ne possédaient rien de l’ancienne for-teresse ; ils étaient percés extérieurement de jours nombreux et ne présentaientplus le moindre appareil de défense, mais leur élévation se trouvait de chaquecôté à peu près égale. C’est à Verneuil seulement que les barrières s’abaissentenfin, que l’on se contente, du côté de l’entrée, d’une simple galerie, destinéebientôt à disparaître à son tour pour faire place à une grille que précède unsaut de loup 3 .

En dehors de la disposition très caractéristique que nous avons indiquéeen dernier lieu, le palais du Luxembourg se fait remarquer par l’emploi desbossages, ce 'appliqué sans distinction à toutes les masses et à tous les détails

1. Histoire de la vie et des ouvrages des plus célébrés architectes, etc., par Quatremère de Quincy, t. II, p. 145-146.

2. « Marie de Médicis, née à Florence, c’est-à-dire dans une des plus belles villes de l’Italie, au milieu du plusbeau siècle des arts, et au sein d’une cour voluptueuse et magnifique, avait contracté le goût de ce luxe des bâtiments quiétait naturel à son pays et que la France ne connaissait pas encore. 11 Id., p. 142. On croit rêver lorsqu’on lit ces choses-la.

3. A Fontainebleau, nous ne l’ignorons pas, se retrouve à peu près la même disposition qu’a Verneuil; mais lesdeux pavillons du côté de la cour des offices, ainsi que la galerie qui les réunit, ne datent que du règne de Henri IV.C’est donc avec raison que nous réclamons la priorité pour le château qui nous occupe en ce moment. De plus, Salomon deBrosse a dû être porté à imiter de préférence ce qu’il avait longtemps eu sous les yeux, ce qui était pour lui, en quelquesorte, un bien de famille.