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ILE-DE-FRANCE.
hésité à accepter l’année 1540 comme date de sa reconstruction 1 . Mais cetteopinion, qui a pour unique fondement les visites faites par le roi François I erà son cousin le cardinal de Bourbon-Vendôme 2 durant un séjour à Folembray,n’est soutenable en aucune façon. Outre, en effet, qu’un long temps estnécessaire pour conduire à bonne fin semblable entreprise, nous avons peineà croire que le jeune et riche évêque de Laon ait attendu plus d’un quart desiècle pour renouveler, l’habitation de ses prédécesseurs 3 4 . N’a-t-il pas plutôt,dans ce but, saisi le prétexte du pillage opéré par les habitants d’Anizy en1 527* et fait commencer sans retard le vaste et splendide édifice que réclamaientson illustre naissance et ses goûts de grand seigneur? Du reste la construction,bien loin de démentir cette conjecture, la confirmerait au besoin, et nulleautre époque n’a su détacher sur un fond de briques d’aussi élégants pilastres,tirer de certaines oppositions de tons un plus admirable effet 5 .
Après cela est-il étonnant que Jean de Longueval, à Marchais 6 , ait tenté dereproduire la belle demeure du cardinal de Bourbon? Suivant toute vraisem-blance, dans le but d’arriver à un meilleur résultat, appel fut même adressé auvaillant architecte qui venait de se révéler tout à coup. Sa main se fait sentirnon seulement dans les parties, en grand nombre, qui sont absolument sem-blables des deux côtés, mais encore dans les heureux changements apportés parfoisaux dispositions primitives. C’est ainsi qu’au premier étage nous ne retrouvonsplus les pilastres accolés dont la logique réprouvait l’emploi 7 . En outre le corpsde logis principal offre plus de mouvement, grâce aux petits pavillons en avant-corps qui occupent les angles rentrants. Mais nous ne saurions dire si la curieuseporte, qui tout à l’heure a attiré notre attention, se répétait au centre de
1. Description générale du département de VAisne. Canton d'Am\y-le-Château. par Eug. Cuvillier de Wissignicourt.Paris, 1846, p. 32.
2. Louis I er de Bourbon-Vendôme était le fils de François de Bourbon, comte de Vendôme, et de Marie de Luxem-bourg. Né le 2 janvier 1493, il fut élevé sur le siège de Laon en 1509, lorsqu’il n’avait encore que seize ans.
3. Les évêques-ducs de Laon possédaient la terre en question depuis saint Remi, qui l’avait reçue en don du roiClovis. Toutefois le titfe de comtes d’Anizy ne leur fut confirmé qu’au xiv c siècle par lettres patentes de Charles VI.
4. Le château fut pillé, dit-on, parce que le cardinal de Bourbon avait supprimé le marché franc et la halle auxblés d’Anizy.
5. La façade du château qui regarde le parc est beaucoup plus récente et n’a été élevée, croyons-nous, que dans laseconde moitié du xvn e siècle. Quant aux deux pavillons d’entrée, ils n’ont pas dû précéder de beaucoup la mort du car-dinal de Bourbon, arrivée en 1557.
6. M. Georges Lecocq [Notice historique sur le château de Marchais. Saint-Quentin, 1875, P- 7 ) prétend que le châteaude Marchais fut bâti par « Nicolas de Longueval, d’une famille du Hainaut ». C’est une erreur qu’il est important de relever.Le favori de François I er s’appelait Jean, ainsi qu’il résulte de plusieurs documents authentiques, et bien loin d’être origi-naire du Hainaut, il était, nous l’avons vu, fils de Jacques de Longueval, bâtard de Vendôme et de Jeanne de Rubenpré.Cf. Histoire de Villers-Cotterets ; par Alexandre Michaux, p. 21, 26, 51 et 140.
7. Il est de règle, en effet, que la partie supportée doive avoir moins d’importance que celle qui supporte. Or, àAnizy, c’est le contraire qui arrive ; aux deux pilastres du premier étage n’en correspond qu’un seul au rez-de-chaussée.