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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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les dernières années du règne de François I er . De même une seconde disgrâce,après la mort de Henri II, devait être très profitable au château de Fère, dontles moyens d’accès ne se trouvaient plus en rapport avec les nouvelles habi-tudes. Il fallait, aux riches et élégants seigneurs du xvi e siècle, autre chosequ’un étroit tablier de bois, jeté sur de hauts massifs de maçonnerie, pourtraverser un ravin profond 1 , et quant au pont-levis, qu’aimaient à releverchaque soir les barons du moyen âge, la nécessité de sa conservation ne sefaisait aucunement sentir. Anne de Montmorency, d’ailleurs, n’était pas sansconnaître ce que Diane de Poitiers venait de faire dans un cas presque ana-logue. Voulant mettre son château de Chenonceaux en communication perma-nente avec la rive gauche du Cher, elle avait non seulement jeté un pontsur la rivière, mais encore transformé ce passage en une magnifique galerie.Il s’agissait seulement de suivre un pareil exemple, et pour cela les moyensd’exécution ne manquaient assurément pas.

Déjà, à propos du petit château de Chantilly, nous avons essayé decombler une lacune de la vie de Jean Bullant et contesté, non sans quelqueraison, la prétendue inaction du célèbre architecte durant toute la périodequi s’étend de 1559 à 15 70 2 ; mais notre travail de reconstitution à cetégard est loin d’être complet, et, sans crainte de donner naissance à quelqueerreur nouvelle, il est permis d’ajouter aux gracieuses constructions qu’Annede Montmorency fit élever près du manoir de ses pères, les derniers embel-lissements de Fère-en-Tardenois. Certains détails surtout, dans la circonstance,ne peuvent tromper, et quiconque a étudié avec attention l’un et l’autre édi-fice, n’hésitera pas, comme nous, à leur accorder une commune origine. Demême il reconnaîtra que le premier modèle de ces entablements coupés parune fenêtre qui pénètre jusque dans l’intérieur du fronton, se rencontre auchâteau d’Écouen. Or, une semblable disposition est trop caractéristique pouravoir été adoptée à la même époque par deux architectes différents. Notreopinion se fortifie encore de ce fait que le connétable ayant sous la main unhomme tel que Jean Bullant, n’a pu évidemment le délaisser pour recourir àquelque talent peu connu. Et puis, ce n’était pas le moment ou il venaitégalement d’être frappé de disgrâce que son âme généreuse eût jamais choisipour l’abandonner 5 .

1. On. peut encore voir à Lussac-les-Châteaux (Vienne) et à Crozant (Creuse) des restes de cette anciennedisposition.

2. Berty, les Grands Architectes de la Renaissance p. 153.

3. Jean Bullant perdit, à la mort de Henri II, la place de surintendant des bâtiments du roi.