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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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d’aspect, bien qu’entassées trop à l’étroit et forcément irrégulières. C’est ainsique la chapelle se trouvait terminée par une travée fuyante qui devait néces-siter un partage des voûtes et un support central 1 . Du reste, il est assez diffi-cile de se rendre compte du plan adopté à cette époque, non plus que del’élévation de chaque partie. Les décombres eux-mêmes qui recouvrent le soldisparaissent sous une épaisse végétation de coudriers, en sorte que l’esprit, aumilieu de ces ruines, ne sait à quel travail sérieux se livrer. Et quand on songeque cet état de choses n’est pas l’effet du temps ni des révolutions, on seprend à maudire la mémoire du grand seigneur assez oublieux des devoirsqu’imposent certains héritages pour accomplir pareil acte de vandalisme etdonner l’exemple des grandes dévastations 2 .

Si nous en croyons certains récits, ce serait à l’occasion de son mariageavec Madeleine de Savoie que le futur connétable reçut en don le château deFère. Et véritablement le style de l’ornementation, qui est partout d’uneremarquable pureté, ne dément pas la date de 1528, assignée de la sorte aucommencement des travaux. Car il ne faut pas l’oublier, on dut se mettred’autant plus rapidement à l’œuvre que, dans les nouvelles conditions d’existenceoù se trouvait Anne de Montmorency, il ne restait peut-être pas place pour luià Chantilly 3 . Néanmoins nous ne pouvons nous empêcher de constater quel’activité dont on lit preuve laissait beaucoup à désirer, puisque dix annéess’écoulèrent avant que les changements projetés ne fussent entièrement mis àexécution. C’est ce qu’indiquent suffisamment, d’un côté le millésime de 1537,et, de l’autre, celui de 1559, qui se lisent en des endroits très apparents. Maisalors le fils avait déjà succédé au père 4 , et son ambition, au lieu d’une demeuresimplement rajeunie, dans une contrée sauvage et loin du centre de ses posses-sions, rêvait un château entièrement neuf sur le riant coteau d’Écouen.

Ce désir, nous le verrons plus tard, ne tarda pas à être satisfait, grâceaux loisirs principalement que la politique procura au grand connétable dans

1. L’architecte avait été obligé d’agir de la sorte par la difficulté où il se trouvait d’ouvrir plus largement le côtéintérieur de la tour, qui renfermait en grande partie la chapelle.

2. C’est encore à la maison de Condé qu’il faut imputer la destruction du château de Fère. Elle se trouvait par labien peu digne de la faveur du roi, qui avait confisqué à son profit les immenses domaines des Montmorency. « Ici, ditM. l’abbé Poquet, le premier coupable, ce n’est pas le vandalisme révolutionnaire. . . Dés 1779, quatorze ans avant l’orga-nisation officielle de nos désastres publics, on avait déjà osé vouer ce monument à une destruction complète en arrachantles toitures, en effondrant les planchers, en ôtant le fer et le plomb qui consolidaient cette belle construction. » Op.cit. ; p. 16.

3. On peut voir dans le précédent chapitre, p. 78, ce que nous avons dit d’une transformation analogue subie par

ce dernier château. r

4. Le baron Guillaume de Montmorency, père du connétable, était mort le 24 mai 1531.

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