LA RENAISSANCE EN FRANCE.
1 5 °
niment préférable. Maître Théodon, auquel il est dû 1 , ne laisse que bien peude chose à désirer pour être placé au nombre des sculpteurs dont un payss’honore à juste titre 2 .
Jusqu’ici toute notre attention s’est portée sur des monuments à peuprès inconnus en dehors du pays où ils se trouvent. Même dans les travauxd’ensemble entrepris malheureusement plus à l’étranger qu’en France 3 , nuln’avait songé à les rattacher au mouvement qu’il s’agissait de saisir et de pré-ciser. Aucune légende ne s’était établie à leur sujet et rien ne pouvait ainsivenir troubler la liberté de nos appréciations. Mais cet état de choses, qui nelaissait pas d’offrir certains avantages, est sur le point de prendre fin. Dorénavantla route par laquelle nous nous avancerons aura été foulée depuis longtemps,ce qui ne veut pas dire que le parcours en soit devenu pour cela absolumentfacile. Outre que nous aurons à lutter, en effet, contre des idées préconçues,des opinions adoptées sans contrôle, bien que ne reposant sur aucune basesolide, il nous faudra signaler parfois des méprises singulières qui font doutersi leurs auteurs ont réellement vu les édifices dont ils ont la prétention de nousentretenir.
Telle est au moins l’impression que l’on ressent en lisant les quelquespages consacrées par un célèbre critique allemand 4 à la maison dite deFrançois I er qui fait aujourd’hui l’ornement du Cours-la-Reine, à Paris, aprèsavoir durant trois siècles attiré l’attention des curieux sur la petite ville deMoret s . Des changements opérés à la suite de cette translation relativementrécente 6 , il n’est nullement question et tous les raisonnements sont établis commesi les dispositions actuelles étaient celles des premiers jours. Aussi trouve-t-ond’une part que cette jolie construction ne saurait être comparée absolumentà rien de ce qui l’entoure, tandis que de l’autre on cherche à la rapprocherdes palais vénitiens, dont la loggia traditionnelle ne peut manquer de se
1. Emmanuel Paty, op. cit. } p. 418.
2. Peut-être faudrait-il citer encore les beaux vitraux de Féricy, dans le canton du Châtelet, qui sont datés de 1534,ainsi qu’une pierre tombale d’une grande magnificence de dessin, aujourd’hui convertie en table d’autel dans la sainte cha-pelle du Vivier-en-Brie. Cette dalle porte le nom de Jehan le Moyne, le célèbre tombier de Paris. Enfin, voici la liste dequelques monuments secondaires dont il est toujours bon de connaître les noms : 1° l’église d’Etrepilly, canton de Lizy-sur-Ourcq, tout entière dans le style de la Renaissance; z° le chœur de l’église d’Achères, canton de la Chapelle-la-Reine;3 0 les restes du cloître de Donnemarie; 4 0 quelques sculptures dans l’église de Savins; 5 0 la tombe de Guillaume Briçonnet,évêque de Meaux, à Esmans, canton de Montereau.
3. Rappelons seulement les deux ouvrages suivants : Geschichte der Renaissance in Frankreich } von Wilhelm Lübke,mit 94 illustrationen, 1 vol. in-8°, Stuttgart, 1868. — The Renaissance of Art in France, by M rs . Mark Pattison, 2 vol.in-8, London, 1879.
4. Lübke, op. cit v p. 163-166.
5. A quelques lieues à l’est de Fontainebleau.
6. Une inscription sur la façade en fixe la date à l’année 1826.