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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

des cornes d’abondance, des Amours légers qui se balançent à des mufles delion. Quant aux archivoltes, sur leur face extérieure, de chaque côté d’une consolefeuillagée qui saillit à la clef, courent des rinceaux ou autres ornements ana-logues, tandis qu’à l’intrados, dans une série de caissons, des bouquets de plantesgrasses tantôt régnent seuls, tantôt alternent avec des scènes empruntées auxtravaux d’Hercule.

Non moins remarquable est l’exécution d’autres Amours blottis, deux à deux,entre les riches couronnes de feuillages qui, dans la première travée de gauche,sont sûrement authentiques. Elles partagent cette qualité avec les ravissants bas-reliefs rejetés aux extrémités de la frise et figurant des enfants nus qui se livrentà divers amusements. Peut-être même, d’un côté, sommes-nous en présence dequelque représentation bachique, mais il est impossible, de l’autre, de recon-naître, avec Lübke, une scène de vendanges 1 . Tous les éléments d’une semblablecomposition manquent à la fois et le clayonnage, qui se dessine au second plan,n’a qu’un rapport éloigné avec des pampres verts.

Mais c’est assez parler d’une construction que tout le monde, au besoin,peut facilement voir et étudier. Aussi, sans plus tarder, transporterons-nous lelecteur à Nantouillet, où, quel que soit l’état d’abandon 2 du magnifique châteauélevé, presque au début de sa haute faveur, par le célèbre chancelier Du Prat 3 ,plus d’une occasion se présentera de manifester notre étonnement. Et d’abordexiste-t-il ailleurs une entrée qui puisse être comparée à celle dont nous présentonsle dessin? Sa composition d’une extrême richesse contraste assez étrangement avecun reste d’appareil militaire et l’on a peine à se figurer qu’un pont-levis ait jamaispu être rabattu sur des ornements aussi délicats. Car, à l’opposé de ce qui se pra-tique habituellement, toute la décoration n’est pas rejetée à la partie supérieure, maisles contre-forts entre lesquels sont enserrées les deux portes se dérobent sous d’élé-gants pilastres dont les chapiteaux surtout ne sauraient trop exciter l’admiration 4 .

1. « In den Seitenfeldern heitere Kinderscenen mit bacchischer Bedeutung : thyrsusschvingende und traubenle-sende Genien ». Op. cit. ; p. 165.

2. « En 1816, un corps de logis placé à droite de la cour et dont il existe encore des arrachements fut détruit pourprocurer de solides matériaux tout élaborés à l’architecte chargé d’élever au dehors le manoir du nouveau marquis deNantouillet. » Sauvageot, Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du xv e au xvm e siècle. Tome III, p. 27. — Depuiscette époque, si l’on n’a pas démoli, il n’a été au moins exécuté aucune des réparations nécessaires et le château, converti enferme, se trouve de plus en plus menacé d’une complète destruction.

3. Sur l’une des fenêtres du rez-de-chaussée, du côté du jardin, se lit la date de 1521 ; il est donc probable queDu Prat se mit à l’œuvre presque aussitôt son installation comme chancelier de France en 1515. Quant à croire avecM. Sauvageot (op. cit., p. 31) que les épargnes accumulées pendant ses années d’avocat général au parlement de Tou-louse et de premier président à celui de Paris aient suffi à élever une aussi dispendieuse construction, nous ne le saurionsassurément.

4. Comme le cas se présente souvent, entre la corbeille proprement dite et le tailloir, saillit une tête d’homme del’effet le plus pittoresque. Enfin dans les feuillages délicatement traités se joue un Amour bandant son arc.