ILE-DE-FRANCE,
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et nous connaissons peu d’erreurs comparables à celle que nous venons d’enre-gistrer. Encore une fois la minutieuse critique allemande est en défaut; elle apris pour une œuvre du xvi e siècle de mauvais pastiches exécutés sousCharles X. Comment n’a-t-on pas vu, du premier coup, qu’un pareil assemblagede figures historiques présentait quelque chose d’insolite qui devait donner àréfléchir? Sans revenir sur ce que nous avons dit de la pauvreté de ce travailtout moderne, il est permis encore de suspecter la forme des écussons, qui nesont point tels qu’on les découpait il y a trois cents ans.
A notre avis, il était bien plus simple de chercher à ravir leur secret auxdeux inscriptions qui se voient en deux endroits différents. L’une et l’autreévidemment n’ont pas été choisies au hasard et, si nous ne nous trompons, ily a plus qu’une date dans ces mots tracés au-dessus de la petite porte degauche : Jevne gowernement svit le vent. François I er seul, à l’aurore deson règne, a pu se permettre cette malicieuse réflexion que le voisinage d’uneénorme salamandre suffit, d’ailleurs, à lui attribuer tout à fait. Également laphrase suivante, bien que respirant une douce philosophie, se trouve merveil-leusement placée dans la bouche d’un jeune prince qui se sent, en montant surle trône, animé des meilleures intentions : Qvi scit frenare lingvam sen-
SVMQ.VE DOMARE FORTIOR EST ILLO QVI FRANGIT VIRIBVS VRBES. NOUS nOUS
croyons donc autorisé, d’une part, à protester contre la date de 1527, qu’unemain moderne n’a pas hésité à graver sur la corniche pour l’enseignement dupublic 1 et, de l’autre, à évoquer au sujet de ce bijou architectural le grand nom
du roi chevalier. A l’appui de cette opinion, il serait encore facile de faire valoir les
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dispositions mêmes de l’édifice qui, n’étant pas destiné à servir d’habitationproprement dite, comme nous l’avons vu plus haut, n’a pu être commandé que parun très puissant seigneur. Or, quand on songe au peu de distance qui sépareMoret de Fontainebleau, aussi bien qu’au goût passionné de François I er pour lachasse, il ne semble pas que l’on puisse hésiter sur un point délicat, il est vrai, maisnéanmoins aucunement rebelle à toute solution quelque peu vraisemblable.
Quoi qu’il en soit, on ne saurait trop admirer l’art parfait avec lequelsont ornées principalement les trois grandes arcades inférieures. Dans l’étroitintervalle qui les sépare, des pilastres à compartiments sont pénétrés par d’élégantescolonnes enguirlandées, semblables à autant de candélabres antiques. Puis lescourbes diverses de chapiteaux superposés et de grandeur inégale recèlent, outre
1. Cette partie de l’inscription est ainsi conçue : « Inst. et rest. 1826. » Très probablement c’est la secondedate qui a inspiré la première. On a voulu simplement dire que la maison de Moret avait environ trois siècles d’existence.
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