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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

le tout embelly de toutes sortes d’histoires, tant peinctes que de relief, faitespar les plus excellens maistres que le Roy pouvoit recouvrer de France etd’Italie, d’où il a faict venir aussi plusieurs belles pièces antiques. En somme,que tout ce que le Roy pouvoit recouvrer d’excellent, c’estoit pour son Fon-tainebleau, où il se plaisoit tant, que, y voulant aller, il disoit qu’il alloitchez soy : qui fut cause que plusieurs grands seigneurs y firent bastir chacunen son particulier, tant que pour le iourdhuy y a beaucoup de beaux logis etdignes d’estre remarquez 1 . »

Toutefois, ce serait une erreur de croire que le château de Fontainebleau,après les études successives dont il a été l’objet, se trouve aujourd’hui parfaite-ment connu. Les points obscurs, au contraire, sont ici plus nombreux qu’ailleurs,car une sorte de parti pris, tantôt a fait négliger par les travailleurs les précieuxdocuments depuis longtemps mis au jour, tantôt a suscité à leur sujet des inter-prétations qui ne souffrent pas l’examen. Bon gré mal gré on voulait, dans uncertain milieu, faire honneur à l’Italie, non seulement d’œuvres exécutées pardes mains qui lui étaient étrangères, mais encore conçues en dehors de son action.Aussi, vainement nos compatriotes se présentaient-ils avec des titres solidementétablis, on ne faisait pas semblant de les apercevoir. La plus terrible des con-spirations, celle du silence, était organisée contre eux, et, pour le public, noninitié à cette manière d’agir, il y avait tout lieu de croire qu’après avoir faitgrand bruit de la publication de textes nouveaux, on ne se trouvait, relativementà la question en litige, pas plus avancé qu’auparavant.

Il est vrai qu’à bien prendre les choses il n’était pas toujours facile de seformer une opinion, et sans peine concevons-nous, par exemple, qu’un écrivain,rencontrant isolément dans les Comptes le nom de Pierre Chambiges 2 , ne

1. Les plus excellens bastimens de France. —Quelques lignes plus haut Du Cerceau, qui vivait, comme chacun sait,en plein xvi e siècle, tranche la question si controversée de l’emplacement occupé par la célèbre fontaine qui a donné sonnom au château. « En la seconde court, dit-il, y a source de fontaine, et se dict que c’est la plus belle eauë de source quise voye gueres, et que par ce on l’appelloit belle eauë, maintenant Fontainebleau. » Donc point n’est besoin, comme l’afait Champollion-Figeac {le Palais de Fontainebleau^ explication de la planche XXIV), de porter ses recherches du côté dujardin des Pins. La source retrouvée, sous Napoléon III, par M. Paccard, architecte du château, n’a aucun rapport aveccelle qui nous intéresse.

2. « A Pierre Chambiges, maistre maçon, pour tous les ouvrages de maçonnerie par luy faits et qu’il continue faireausdits bastimens et édiffices de Fontainebleau et Saint-Germain en Laye, par l’ordonnance de messieurs Nicolas deNeufville, seigneur de Villeroy, et Philbert Babou, seigneur de la Bourdaizière, donné soubs leurs signets le dernierapvril 1540.

« Somme toute des ouvrages de maçonnerie : 70,174 liv, 8 s. 2 d. ».

Comptes des bâtiments du Roij etc., t. I er , p. 154. —Dans ce document, bien qu’il soit question de Saint-Germain-en-Laye, il est évident que la somme presque entière était due pour travaux effectués à Fontainebleau. En efïet, Pierre Cham-biges ne fut attaché au premier château qu’à partir du 22 septembre 1539, ainsi que nous le verrons plus tard, ce qui nelui permettait pas d’avoir, au mois d’avril suivant, un compte bien considérable à présenter.