ILE-DE-FRANCE.
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sache pas quels travaux doivent être attribués à cet architecte. Pour en arriverà quelque certitude sur ce point, il faut être familiarisé avec la manière de fairede chaque maître, ce qui n est pas généralement le propre des historiens enquestion. Du reste, avant la constatation de la part prise par Pierre Chambigesa la construction du chateau de Saint-Germam-en-Laye tout moyen manquaitd’asseoir solidement son opinion et l’on pouvait avec raison hésiter dans le choixqui nous est imposé. Mais aujourd’hui il n’en est plus de même et du premiercoup d’œil, pour ainsi dire, chacun aperçoit ce qui répond plus particulièrementà l’objet de ses recherches. Non certes, quoi qu’on ait dit jusqu’ici, l’aile gauchede la cour du Cheval-Blanc 2 ne rappelle en aucune façon les créations de Serlio 3qui, du reste, s’il eût été l’auteur d’un aussi important ouvrage, ne se fût pasfait faute de le signaler à la postérité. Car, ne l’oublions pas, tout se tient dansle développement inattendu donné par François I er à cette partie du château, aprèsson arrangement avec les Trinitaires 4 , et la même main fut chargée d’élever troiscorps de bâtiment autour de l’immense espace 5 réservé désormais aux joutes etaux tournois. S’il n’en subsiste plus qu’un seul, nous avons les gravures de DuCerceau qui ne laissent aucun doute à ce sujet. Partout la brique sert de décora-tion, tandis que les massifs sont en maçonnerie, revêtue d’un enduit. Or cettesingulière interversion dans l’emploi rationnel des matériaux est un des traitscaractéristiques, nous l’avons vu, des différents châteaux bâtis par Pierre Cham-biges. D’après cela, nous sommes donc autorisé à évoquer son nom à propos d’unensemble de constructions qui répond justement par son étendue avec la sommeindiquée dans les Comptes 6 .
1. Supra , p. i6r.
2. Ce nom lui fut donné sous la régence de Catherine de Médicis, lorsque le plâtre du cheval de Marc-Aurèle, aRome, eut été placé au centre, sous un petit toit que soutenaient quatre colonnes. Il y resta jusqu’en 1626, suivant le pereDan. Les Comptes des bâtiments du Roi, t. I or , p. 193, parlent en deux endroits de cette « figure » qui primitivementdevait être coulée en bronze.
3. Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, 1804, t. I er , p. 31. — Castellan, Fontainebleau,études historiques, 1840, p. 291. — Pour remonter à la source de l’erreur, il faut ouvrir le Trésor des Merveilles, etc., par lepère Dan. A la page 32 nous lisons : « Il ne sera point hors de propos de remarquer que cette cour (la cour du Cheval-Blanc) et tous les édifices qui se voyent ici de François I er sont du dessin de Sébastien Cerlio, architecte fort célèbre deson temps. » Ainsi, François I er qui, dès 1529, était maître du terrain, aurait attendu douze ans, c’est-a-dire jusqu al’arrivée de Serlio, en 1541, pour faire commencer les travaux qui nous occupent : cela paraît bien invraisemblable, memeen dehors de toute autre considération.
4. Ces religieux avaient été établis à Fontainebleau par saint Louis en 1259. François I er , par acte consenti endécembre 1529, leur reprit, moyennant une rente de 200 livres tournois, tout le terrain dont il avait besoin. Cf. Champollion-Figeac, le Palais de Fontainebleau, ses origines, son histoire artistique, 1866, p. 55 2 -
c. La cour du Cheval-Blanc a 152 mètres de longueur sur 112 de largeur.
6. Si l’on établit des rapprochements entre les comptes de maçonnerie dont nous parlons et^ceux précédemmentcités à propos de Villers-Cotterets (p. 124), on est bien forcé d’admettre que des dépenses àpeu près égales supposent unesomme de travaux presque semblable. La plus grande étendue de la cour du Cheval-Blanc et, en outre, es tais p us considérables occasionnés par la surélévation de l’aile droite où devait être installée une splendide galerie, sont largement com-pensés, à Villers-Cotterets, par la construction du logis du roi.
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