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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
peu de jours avant son mariage, aurait d’un endroit secret de cette nymphée con-templé les charmes de la jeune princesse Madeleine, fille de François I er \ Puis,n’est-ce pas le cas d’avoir recours au plus vieil historien de Fontainebleau qui alaissé le passage suivant, échappé jusqu’ici à l’attention des érudits ? « Il nefaut, dit-il, oublier qu a l’un des angles du jardin des Pins, au bord de la grandegalerie, est un Pavillon quarré dressé par le grand roy François I er , comme ilparoist par ses chiffres et sa devise, auquel sont deux grands tableaux, peints àfrais par le sieur Rousse, où sont représentées les amours de Yertumnus etde Pomone 1 2 » Or, comme le Rosso est mort en i 541, au témoignage de Vasari 3 ,il s’ensuit que nous avons une preuve nouvelle de ce que l’examen du monu-ment, aidé par les Comptes, fait très bien entrevoir. Pierre Chambiges n’a laisséà aucun autre l’honneur de terminer cette partie du château, et Serlio, quoiqu’on dise et quoi qu’on fasse, ne saurait pas même avoir donné l’idée de la grottedes Pins qui était non seulement bâtie, mais encore décorée avant son arrivéeen France 4 5 .
Cette constatation nous exempte de rechercher si le célèbre architecte bolo-nais a, dans son sixième livre s , présenté une porte qui puisse être quelque peurapprochée de la triple arcade que nous étudions. Elle ne laisse plus en outreaucun doute sur l’origine du style rustique qui, loin d’avoir été introduit cheznous par les Italiens, se serait, grâce aux matériaux dont on pouvait disposer 6 ,accusé pour la première fois à Fontainebleau. Rien n’empêcherait au besoind’ajouter que, dans les compositions de Serlio, l’infériorité est manifeste tant aupoint de vue des conditions du genre que de son appropriation à certain but par-ticulier. Tout était à sa place dans une nymphée et la description suivante, que
1. Journal amoureux de Madame de Villedieu cité par Castellan, p. 311. — La scène se serait alors passée en1537, puisqu’à cette date, d’après la Cronique du roy Françoys premier éditée par M. G. Guiffrey (Paris, Renouard,1860, p. 202), le « jeune roy d’Ecosse » demeura quelque temps dans le château de Fontainebleau.
2. Le Trésor des Merveilles .etc. par le père Dan, 1642, p. 178.— Après cela que penser de Castellan [Fontainebleau,études historiques , 1840, p. 314) qui écrit ces mots : a II est surprenant que le vieil historien de Fontainebleau ne parlepas de ces bains. » Le passage que nous venons de citer est cependant assez précis.
3. « Morl il Rosso l’anno 1541 . » Vita del Rosso ad finem.
4. C’est-à-dire, au plus tôt, vers le printemps de 1541. Nous n’en lisons pas moins dans un ouvrage récent (Sébas-tien Serlio par Léon Charvet, architecte, 1869, p. 29) : « On doit attribuer sans réserve à Serlio le petit rez-de-chausséedu bâtiment avec façade des anciens bains de François I er sur le jardin des Pins, qui se trouve à présent adossé (!) au pa-villon de droite en entrant dans la cour du Cheval-Blanc. » Il semble que cette phrase ait été justement écrite pour montrerque la recherche de la paternité des édifices, contrairement à l’opinion de l’auteur (p. 22), ne gagne pas toujours à êtreremise entre les mains d’un architecte.
5. Il sesto libre di Sebastiano Serlio } bolognese. nel quai si descrivono, e mettono in disegno cinquanta porte , cio tren-ta di opéra rustica mista con diversi ordini. etc. La première édition est de 1550.
6. Il est inutile de rappeler les carrières de grès dont Fontainebleau est entouré, non plus que le parti présenté,dans la circonstance, par cette matière. Les Comptes des bâtiments du Roi parlent en deux endroits (p. 198 et 199) de« coullonnes de grez en façon de Thermes à mode antique #, mais il s’agit d’ornements destinés au piédestal d’une statued’Hercule.