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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

ments de la porte sont curieux; on y remarque des génies enfants, soutenant aveceffort un symbole qui est en même temps une utile date du monument : un F.Les cariatides qui forment les montants sont une imitation du style égyptien; cegenre nouveau était alors introduit (vers 1550) depuis quelque temps en Italie.»Et plus loin : « Cette porte dont les cariatides sont une faible imitation des figureségyptiennes enveloppées dans leurs grandes ailes 1 est d’une époque incertaine,antérieure, dit-on, à la construction du pavillon auquel elle servait d’entrée 2 .»D’un côté on signale une utile date et de l’autre il est question d’époque incertaine.Nous serions en présence d’un genre nouveau introduit en Italie vers 1550 et pro-bablement chez nous quelques années plus tard, ce qui n’empêche pas d’admettrel’antériorité de cette porte relativement au reste de la construction. Pourquoi nepas dire tout de suite que François I er est plus jeune que ses petits-fils? Voilà

pourtant où en est la critique après la découverte des documents les plus

importants! Au lieu de chercher à se rendre compte de ce qui existe, on aimemieux se lancer dans les rêveries et les divagations 3 . Non, certes,le pavillon desAumôniers n’est pas composé de lambeaux d’architecture appartenant à desépoques différentes. Toutes ses parties sont parfaitement homogènes, et l’onne saurait arguer de la singularité de telle ou telle sculpture pour en contesterl’unité d’aspect, aussi bien que de conception. Le xvi e siècle, faut-il le rap-peler, ne se montre point avare de pareilles surprises, et ce n’est pas lorsquetous les arts de l’antiquité sont devenus un objet d’imitation, que la vue

seule de types empruntés à l’Égypte doit suffire à jeter le trouble dans notre

jugement 4 .

En pendant au pavillon des Aumôniers se dressait celui des Poêles s dontla magnifique situation, au bord du grand étang, attira les regards de Henri II.Aussi chargea-t-il Philibert de l’Orme d’y préparer le nouvel appartement qu’ilvoulait occuper. Mais la chose n’était pas facile, si nous en croyons l’archi-

1. Où sont les ailes indiquées? Nous n’en avons pas trouvé de traces.

2. Palais de Fontainebleau , i vol. in-fol. 1866, p. 202.

3. Si Champollion-Figeac s’est trompé sur l’appréciation des dates, Lübke, de son côté, applique à la cour Ovale cequi appartient à celle du Cheval-Blanc. « In den Jahren 1537 bis-1540 », dit-il, « arbeitet Gilles Breton im ovalen Hofam « corps d’hostel et pavillon », sodann « entre la basse court et le cloistre de l’Abbaye ». Geschichte der Renaissance inFrankreich, p. 85.

4. Les lucarnes de Bournazel (Aveyron) sont accostées de cariatides qui ressemblent beaucoup à celles de Fontai-nebleau.

5. Ainsi appelé de grands poêles en faïence que François I er avait fait venir d’Allemagne. « Ausdits paintres etimagers cy dessus dénommez » lisons-nous dans le compte de 1537-1540, « pour avoir vacqué et besongné ès ouvrages destucq et painture faits en la grande salle du pavillon naguerre fait de neuf près l’estang dudit lieu, où doivent estre mises lespoésies dudit Sieur ». Comptes des bâtiments du Roi , p. 134. Et ailleurs : « Audit Badouyn, paintre, pour avoir vacqué tantà la façon des patrons de tapisseries, que à la façon et painture d’un tableau à frais en façon de tapisserie, contre la murailleen la salle des poésies, au grand pavillon près l’estang dudit lieu. » ld. } p. 204. Compte de 1540-1550.