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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

qui accompagne les lignes rapportées tout à l’heure ne correspond nullementà ce que nous avons sous les yeux'. Il ne peut donc y avoir eu déplacement,comme on serait tenté de le croire, en donnant, jusqu’à un certain point, raisonà MM. Çfnor, Champollion-Figeac et Léon Charvet; mais, à une époque qu’ils’agit de préciser, les débris du perron élevé depuis peu ont été utilisés dans laconstruction d’une élégante loggia qui servait, à quelques mètres plus loin, deprincipale entrée aux appartements royaux.

C’est ce qui résulte du document suivant dont l’extrême importance a,paraît-il, échappé à tous les historiens du château : « Gilles le Breton, maistremaçon des bastimens du Roy à Fontainebleau, confesse avoir fait marché... defaire et parfaire pour le Roy, en son chasteau de Fontainebleau, tous et chacunsles ouvrages de maçonnerie et taille qu’il convient faire pour le rechangement dugrand escallier dudit chasteau et autres ouvrages contenus et déclarez au deviscy devant escrit, et ce, outre le contenu et marché fait avec luy pour raison duditgrand escallier et de la chappelle dudit chasteau, datté du samedy 5 e d’aoust 1531,et pour ce faire sera tenu ledit Breton faire toutes les desmolissions et restablis-semens qu’il conviendra pour ce faire, desquelles desmolissions il remettra en œuvretout ce qui pourra servir ausdits ouvrages, et le reste il sera tenu serrer et mettreen tas en la court dudit chasteau au profit du Roy 2 . » Ainsi, dès l’année 15^1, lechangement dont nous retrouvons la trace était décidé en principe et, certes,puisqu’il est question d’un nouveau devis, on ne saurait prétendre que le secondportique 3 ait jamais dû être la reproduction du premier. Nous pensons même quel’architecte,n’ayant plus à tenir compte de l’étroit espace où il s’était vu d’abordenserré, en aura profité pour donner plus d’ampleur à son œuvre et montrerce qu’il pourrait faire à l’occasion.

Quoi qu’il en soit, les travaux projetés ne reçurent qu’en 1540* un commen-cement d’exécution. A cette date, moins de fougue hâtive régnait à Fontainebleauet Gilles le Breton n’avait plus à lutter chaque jour contre les désirs impatients deFrançois I er . Déjà en possession d’une partie du château qu’il avait rêvé, le roi con-

1. «Et sera ledit perron garny de quatre coullonnes rondes de pierres de grès, chacune d’une pièce de la haulteurqu’il appartient , et d’un pied de gros en diamètre, portans piédestail, basse et chapiteau, et sur lesdites quatre coullonnesériger deux arceaux portans mollure honeste aussy de pierre de taille de grès, et une voulte platte de pierre de liais deNostre Dame des Champs les Paris, en forme de parquets ravaliez portans mollure honeste et sur ladite voulte paver la-dite terrasse de grand pavemens de liais.... et faire ,1’appuy et gardefol de ladite terrasse de pierre de taille de grès gar-nie d’arquitrave, frize et corniche ainsi que les petites terrasses devant déclarées qui seront faittes sur le devant du por-tail de l’entrée dudit chasteau. » Loc. cit. .

2. Comptes des bâtiments du Roi } t. I or , p. 210.

3. L’existence du péristyle est liée à celle du grand escalier auquel il servait d’entrée; les deux constructions nesauraient donc avoir été conçues qu’en même temps.

4. Le contrat passé avec Gilles le Breton est daté du « jeudy 10 e de mars 15:40 ».