ILE-DE-FRANCE.
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sentait à ne voir le reste porté que lentement à son entière perfection. Ce bonheur,toutefois, lui fut refusé et Henri II était depuis trois ans sur le trône lorsqu’uneréunion d’hommes compétents donna l’approbation que nous allons rapporter 1 :
« De l’ordonnance de noble personne, maistre Philbert de Lorme, abbé d’Ivry,de Saint Berthelemy de Noyon et de Geveton, conseiller, ausmonier ordinaire duRoy, architecte dudit Seigneur, commissaire ordonné et député sur le fait de sesbastimens et édiffices de Fontainebleau, nous, Charles Baillard, maistre maçon deMonseigneur le connestable, Guillaume Chalou, Jean Chaponnet, maistres maçonsà Paris, et Jean François, aussy maçon, demeurant à Meleun, après serment parnous fait par devant ledit commissaire avons en sa présence et en la présence demaistre Pierre Deshostels, notaire et secrétaire du Roy, et par luy commis aucontrerolle de sesdits bastimens et édiffices, veu visité les ouvrages de maçonnerieet taille de l’édiffice fait de neuf audit Fontainebleau, auquel il y a deux chappelles,l’une basse et l’autre haulte, et aussy le grand escallier fait de neuf audit chasteaupar maistre Gilles le Breton, maistre des œuvres de maçonnerie du Roy, assavoirsi ledit édiffice desdites deux chappelles et ledit grand escallier ont esté et sontbien et deuemënt faits et parfaits ainsy que ledit Breton est tenu et obligé fairepar deux devis et marchez de ce faits 2 3 . »
Outre une valeur chronologique qui ne saurait être à dédaigner, cette pièce,comme la précédente, offre encore l’avantage de déterminer clairement quel estle véritable auteur du Péristyle. Loin d’évoquer le nom de Serlio 5 , c’est vers laFrance qu’il faut se tourner et, disons-le bien haut, pour quiconque a jamais eu lemoindre sentiment de notre art national, semblable découverte renferme non unesurprise, mais l’éclatante confirmation d’une vérité entrevue depuis longtemps 4 .
1. Il est certain cependant que la chapelle était terminée en 1545, puisqu’une clef de voûte porte l’inscription sui-vante :fran. frax. rex anno domini m.d.xl.v. ABSOLvi cvRAViT. Le retard apporté dans l’acceptation des travaux pro-viendrait donc alors de l’inachèvement du péristyle que Gilles le Breton s’était engagé de construire par le même contrat.
2. Comptes des bâtiments du Roi. t. I' r , p. 211.
3. Champollion-Figeac, qui a eu entre les mains tous les documents dont nous nous sommes servi, n'hésite pas arépéter que Serlio est l’architecte du Péristyle. Palais de Fontainebleau passim. — Quanta M. Charvet, il est plus réservéet se borne à dire : « Si l’architecture de ce péristyle est un peu maigre, ce qui semble en opposition avec la manière deSerlio, en revanche les nombreux chapiteaux sont autant de morceaux intéressants qui rappellent la recherche et 1 étude con-sciencieuse d’un dessinateur; pour le style, il y a donc incertitude. » Op. cit., p. 32. Il semblerait vraiment, en lisant ceslignes, que les architectes français aient eu pour coutume d’agir à la légère en tout ce qu ils faisaient! Est-ce que les chapi-teaux de Chambord, par exemple, ne sont pas supérieurs, comme « recherche et étude consciencieuse» a tout ce qui se voità Fontainebleau? Cependant Serlio n’était pas encore arrivé en France au moment de leur exécution.
4. MM. Vaudoyer et Albert Lenoir, dans leur belle étude anonyme sur Fontainebleau, publiée en 1843, c est-a-diresept ans avant que le public n’ait eu connaissance des documents découverts par M. de Laborde, s expriment ainsi . » Lestyle de l’architecture de la porte Dorée est celui qu’on remarque dans tous les bâtiments de la cour Ovale, sans en exceptermême le petit portique ou loge à deux étages donnant entrée aux appartements du roi, et qu’on a, bien à tort selon nous,
voulu attribuer à Serlio. Nous n’hésitons donc pas à affirmer que toutes ces constructions ont été faites par les mêmesartistes, c’est-à-dire par des Français. » Magasin pittoresque t. XI, p. 52.