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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Seulement il est incontestable que Gilles le Breton, dans ce délicieux petithors-d’œuvre, se montre à nous sous un jour tout nouveau. Sa composition, géné-ralement assez pauvre, s’enrichit de ravissants détails et l’ensemble présente unetenue qui séduit au premier coup d’œil. En réalité, c’est la partie la plus remar-quable du château et nous ne saurions lui comparer que l’abside de la chapelleSaint-Saturnin, qui est de la même époque et de la même main. Des deux côtés,si les moulures sont fermes et empreintes d’une correction quelque peu classique,la sculpture des chapiteaux accuse une fantaisie gracieuse qui rappelle bien plusl’école des bords de la Loire que celle des environs de Paris 1 .

Après cela, refuserons-nous d’admettre que, tout en demeurant une œuvrefrançaise, le péristyle de Fontainebleau rappelle certaines dispositions chères ànos voisins d’outre-monts? Assurément non. Dans les expéditions de la fin duxv e siècle, les compagnons de Charles VIII et de Louis XII avaient pu remarquer,au Vatican, le portique à triple étage récemment destiné aux bénédictions ponti-ficales 2 , et nul doute que, de retour en France, ils n’aient eu l’idée, lorsque leursdemeures comportaient cet apparat, de modifier en ce sens les anciennes voûtes enarcs ogives, avec terrasse au-dessus, qui abritaient parfois le perron seigneurial 3 .C’est ainsi qu’à Chantilly le baron Guillaume de Montmorency avait saisi l’occasiond’un remaniement complet de son château pour entrer dans la voie indiquée.Et, à ce propos, serait-il téméraire de supposer que l’exemple donné par le pèredu grand connétable ait été pour quelque chose dans le « rechangement »commandé par François I er ? Si l’on considère le petit avant-corps en forme deloge 4 5 6 dont les gravures de Du Cerceau perpétuent seules le souvenir s , on estjustement tenté de lui assigner pour date la courte période écoulée entre le devisde 1528 et celui de 1531 e . Gilles le Breton n’a donc fait que répondre victo-rieusement à une sorte de provocation et, du même coup, nous sommes édifiésur une série de points qu’il était important d’approfondir.

1. Les chapiteaux de la chapelle, d’ordre composite, présentent aux angles des têtes de biche et dans leur milieuun F fleuronné et enlacé de la cordelière. Au péristyle, au contraire, dominent des satyres, des harpies, des cornes d’abon-dance et des guirlandes de fruits. Mais toujours, au centre, se montrent la lettre initiale du nom du roi ou une salamandrecouronnée.

2. Voir un dessin inédit de ce portique dans le II' volume de M. Eug. Müntz : les Arts à la cour des papes pen-dant le xv' et le xvi‘ siècle; 187p. Il porte pour légende : Mœnianum ad benediedones ab Alexandro VL

3. Sauf les arcs ogives, le portique indiqué dans le devis de 1528 n’était pas conçu autrement. C’est leplan adopté, au xv'siècle, à Pierrefonds, par les architectes de Louis d’Orléans. Cf. Viollet-le-Duc, Dictionnaire rai-sonne (, VII, 120.

4. « Logge noi chiamamo quelle stanze cha sono aperte da una parte. » Benvenuto Cellini, Vita } lib. III. c. IX.

5. Voir, dans les plus excellents Bastiments de France^ la gravure relative à Chantilly qui porte la légende : Facesdans la court.

6 . Voir plus haut p. 78.