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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

l’œuvre 1 et le vaillant architecte, qui depuis l’origine présidait à la transformationdu château, fut plus que jamais appelé à faire preuve de savoir et de goût. Il avaitsurtout besoin de cette double qualité pour se tirer à son avantage de certainesconditions du programme, telles que le maintien d’une grosse vieille tour qui,jadis, flanquait les courtines à cette place 2 . Avec des murs aussi épais que ceuxpratiqués au moyen âge, comment parviendrait-il à ajourer convenablement sonabside ? Cette question était d’autant plus embarrassante que tout ébrasement setrouvait interdit par le genre d’architecture adopté. Il fallait que le tableau dechaque fenêtre fût sur le même plan que le parement du mur extérieur ; en sorteque le sacrifice du dehors au dedans devenait une nécessité qu’il s’agissait seulementde rendre moins sensible.

Eh bien! le dirons-nous? Gilles le Breton est loin d’avoir fait, sous cerapport, tout ce qui était en son pouvoir. On ne s’explique pas, entre autreschoses, les larges ouvertures carrées du rez-de-chaussée 3 que séparent seulement demaigres contreforts. Puis, au premier étage, où sa liberté était enfin reconquise,pourquoi, au lieu de ménager une succession de retraites qui eussent faitpyramider son œuvre, continuer de fond sans désemparer ? Mais, ces défautsune fois signalés, il faut avouer que les détails d’architecture sont traités avecun remarquable talent. L’excellence des profils n’a de comparable que la déli-catesse des chapiteaux et tout l’ensemble n’en constitue pas moins l’une desproductions du xvi e siècle les plus intéressantes à étudier.

Suivant une coutume dont nous avons déjà eu l’occasion de parler plusieursfois, la chapelle Saint-Saturnin est nettement accusée au dehors. Mais ce n’estpas le seul point de ressemblance qu’elle possède avec la plupart des monumentsde ce genre au moyen âge; elle est encore divisée en deux étages, c’est-à-dire,en réalité, qu’il y a deux chapelles parfaitement distinctes, l’une haute et l’autrebasse 4 . Dans la première, le roi pouvait se rendre directement de ses apparte-ments et jamais il n’y paraissait qu’entouré des principaux seigneurs de sacour; quant à la seconde, elle était destinée aux serviteurs du château, quelque fût le rang qu’ils occupassent 5 .

1. Dans le devis de 1528, l’emplacement de la chapelle avait été réservé; plus tard, en 1531, on s’occupe déjàde dresser les plans, mais c’est seulement en 1540 que l’on procède à l’exécution des travaux. Cf. Comptes des bâtiments duRoi } t. I er , p. 41 et 210.

2. « Les anciens récitent qu’en ce lieu y avoit une grosse tour, ou de présent et sur les fondemens d’icelle est la Chapelleprochaine de la grande salle du bal, et s’est-on servy d’aucuns vieils fondemens. « Les plus excellents Bastiments de France.

3. Toutes les fenêtres sont en plein-cintre intérieurement.

4. Comptes des bâtiments du Roi } t. I er , p. 211.

5. Pour ce qui concerne les chapelles de châteaux au moyen âge, voir : Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné^ yol. II,page 439.