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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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Autrefois, la chapelle Saint-Saturnin présentait, du côté de la cour Ovaleson élégante façade qui faisait, en quelque sorte, pendant au Péristyle; mais,depuis Henri IV, on n’aperçoit plus, derrière un mur en placage, que deux petitscampaniles sans aucun intérêt. De même a disparu la haute lanterne à huitpans que montrent les dessins de Du Cerceau. Son souvenir, à l’intérieur, estseulement conservé par un immense caisson vide que l’on ne s’explique pas aupremier abord. Il est placé au centre d’une voûte en berceau dont le pointculminant est buté à ses extrémités par les nervures réunies en faisceaux dedeux hémicycles opposés. Car la chapelle a, du côté de l’entrée, absolument lamême forme que du côté de l’abside et pourrait être retournée au besoin.

Nous avons parlé de nervures ; à leur point de jonction, des clefs richementsculptées présentent d’autant plus d’intérêt que, grâce à elles, nous connaissonsla date exacte de l’achèvement de l’édifice 1 . Il était terminé en 1545, au moinsdans ses parties principales, car tout semble faire croire que la décorationproprement dite laissa longtemps à désirer. Dans les premières années duxvn e siècle seulement 2 , Henri IV entreprit de la conduire à son entière per-fection et c’est à ce prince que sont dues les peintures de la frise aussi bienque celles des caissons 3 . Quant à la tribune dont le plancher repose sur deuxcolonnes de marbre précieux, non seulement elle a été ajoutée sous Henri II,mais encore nous savons pertinemment que Philibert de l’Orme en est l’auteur 4 5 .De là se faisait entendre la musique du château, à moitié cachée derrière unebalustrade en menuiserie d’un goût sévère et puissant s .

Si le devis de 1528 se contentait de réserver l’espace destiné à recevoir lachapelle Saint-Saturnin, il était un peu plus explicite relativement à la galerie quidevait combler le dernier vide existant encore jusqu’à la porte Dorée. « Item entreladite place qui sera délaissée pour ladite chappelle et la tour du pavillon dudit

1. Voir plus haut l’inscription qui relate ce fait p. 197 note 1. Ces clefs de voûte dont le poids est considérablesont maintenues au moyen d’un goujon en fer et d’une fourchette à scellements traversés par une clavette. A peine avons-nous besoin de faire remarquer tout ce que ce procédé offre de dangereux par suite de l’oxydation du fer qui fait éclater lapierre. On remédiait à cet inconvénient en utilisant des ossements d’animaux et particulièrement des tibias de moutons,comme nous le verrons à l’église de la Ferté-Bernard.

2. En 1608.

3. Ces caissons, de forme carrée, étaient alors une nouveauté. Gilles le Breton en a le premier, croyons-nous, intro-duit l’usage dans les édifices religieux.

4. « A la chapelle qui est auprès (de la salle de bal), où je fiz ce polpitre et coulompne de marbre. » Instruction demonsieur d’Ivry dict de Forme } dans les Grands Architectes de la Renaissance , p. 54. Mais pourquoi A. Berty, a propos dumot « polpitre », met-il en note «chaire à prêcher»? L’explication serait bonne en toute autre circonstance, mais ici, évi-demment, il ne peut être question que de la tribune placée au-dessus de l’entrée. Dans une chapelle qui mesure à peine15 mètres de long sur 6 de large, le prêtre devait parler du pied de l’autel.

5. Cette balustrade a été remplacée par une mesquine rampe en fer. Pour s en faire une idée, il faut avoir recoursaux dessins de Robit : Palais impérial de Fontainebleau^ chapelle bâtie sous François I er par Serlio (!!), etc. Paris, 1812, in-folio.