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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
portail, fault faire et ériger un corps d’hostel de quinze toises de long ou environ,et de dix-huit pieds de largeur ou environ, par le reez de chaussée et par dedansœuvre, dont lestage du reez de chaussée sera applicqué à quatre offices, deuxcuisines et un revestière pour servir à ladite chappelle, et Lestage de dessus seraapplicqué à gallerie 1 . » Néanmoins l’ancienne vue du château, peinte à fresque,vers 1537 environ, dans la galerie de François I er2 , montre toujours à cette placeun bâtiment peu élevé et sans importance. Bien plus, du récit de Serlio il résulteévidemment que la construction dont nous parlons est de beaucoup postérieure àl’arrivée du célèbre architecte. « Mais moi, dit-il, qui étais pourtant là et y résidaiscontinuellement, pensionné par le magnanime roi François 3 , il ne me fut mêmepas demandé le plus petit conseil. C’est pourquoi j’ai résolu de projeter la logeque j’aurais construite, sf Ton m’eût confié une telle entreprise, et ce, pour faireconnaître aux âges futurs la différence de l’une à l’autre, dans le cas où Ton seraità même de les comparer. Mais, quant au plan déjà exécuté, je n’y suis absolumentpour rien 4 . »
Ce passage, nous ne l’ignorons pas, a été souvent interprété comme se rappor-tant, au moins pour la première partie, à la substitution d’un plafond à une voûteau-dessus de la future galerie. Mais pareille opinion n’est pas soutenable. C’estconfondre à plaisir deux choses parfaitement différentes, bien quelles soient ren-fermées dans le même paragraphe s . Serlio, qui écrivait son VII e livre sur la fin deses jours 0 , parle bien, il est vrai, quelques lignes plus haut, du changement enquestion, et son langage laisse facilement entrevoir vers quel système il se sentparticulièrement entraîné. Cependant, on ne saurait nier que sa démonstrationne vise avant tout des faits écoulés depuis longtemps. Il tient à dégager sa respon-sabilité non de l’exécution d’un simple détail, mais de l’entière conception del’édifice. Aussi, loin de revenir sur ce qui n’offre pour lui qu’un médiocre intérêt,développe-t-il avec complaisance le projet qu’il avait rêvé 7 .
1. Comptes des bâtiments du Roi } t. I er , p. 4t.
2. Cette vue est reproduite par Champollion-Figeac (Palaisde Fontainebleau } p\. V.) qui lui assigne la date de 1550!!!
3. Les premières lettres patentes qui accordent une pension à Serlio sont du 27 décembre 1541. Comptes des bâti-ments du Roi } t. I' r , p. 171.
4. « Ma io, ch’era in quel luogo, e v’habitava di continuo, stipendiato dal magnanimo Ré Francesco, nè mi fu purdimandato un minimo consiglio, ho voluto formare una loggia nel modo clr'io l’haverei ordinata, se a me fosse stata com-messa cotale impresa : per far conoscere alla futura età la dilferenza dell’una e dell’altra a chi haverà veduto questa e quella.Dalla cui pianta già fatta, io non mi muovo . » Tutte l'opere d'architettura, etc., libro settimo, cap. 40.
5. Il est vrai que rien n’embarrasse certains critiques. Ainsi, la phrase suivante : « Quanto siano forti le teste, lapianta lo dimostra » est bravement traduite par M. Léon Charvet : « Le dessin démontre comment sont les toits. » Sébas-tien Serlio , p. 25. Or Serlio a seulement voulu dire que, dans son projet, la galerie avait à ses deux extrémités ( Testa ,tête, bout) des murs plus épais que sur les autres côtés.
6. La première édition ne parut même que longtemps après sa mort, en 1575.
7. Tutte l’opere , etc., loc. eit.