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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

corinthien, auquel l’entablement semble se rapporter, on n’a conservé, en effet,que la membrure supérieure composée d’un listel et d’une doucine, tandis quel’architrave elle-même est réduite à un simple talon. C’est pourquoi le mélangede la plate-bande et du plein-cintre est ici moins répréhensible que dans laplupart des monuments romains. Et puis, ne l’oublions pas, en cela se montreun des traits principaux de l’architecture particulière à Gilles le Breton. Partout,dans le- château, il a ainsi profilé ses moulures à la séparation des étages, commeil a presque uniquement utilisé un genre de chapiteaux dont il est le créateur.Nous voulons parler de ces fleurs de lis dégénérées qui se dressent entre deuxfeuilles d’acanthe conventionnelle. Leur partie supérieure est démesurémentallongée et tient lieu à la fois des volutes et des caulicoles; quant à la tripledivision de la base, à peine occupe-t-elle une petite place au-dessus de l’astragalequi, à l’imitation de l’antique, fait corps avec le pilastre 1 2 3 4 .

Bien d’autres traits pourraient encore être présentés avec avantage, maisce qui précède suffit amplement à justifier notre opinion. D’ailleurs, ne savons-nous pas, par un document très authentique, que Gilles le Breton demeurajusqu’à la fin de ses jours, c’est-à-dire jusqu’en 1552, « paisible possesseur del’estât et office de maistre général des œuvres du Roy a »? Serlio, dans lepassage célèbre où il parle du ce maçon » qui a élevé la galerie, objet de sesinjustes critiques } , ne saurait donc désigner un autre architecte que celui nomméprécédemment. C’est le Breton qui a eu l’idée, non si mauvaise assurément, dedonner au mur, du côté de la cour, une épaisseur égale à l’ancienne courtineconservée le long du jardin. De la sorte il espérait, sans contreforts, pouvoirjeter une voûte d’arête au-dessus d’une salle de dix mètres de largeur, et déjàles consoles destinées à servir de points d’appui intérieurs étaient en place, lors-que la mort vint frapper le roi François I er4 . Suivant la coutume, de grandschangements furent aussitôt opérés dans les places de cour, et la surintendancedes bâtiments de Fontainebleau sortit, pour la première fois, des mains d’unhomme de goût que son esprit éclairé et ses connaissances générales rendaientparfaitement apte à jouer le rôle de conseil et de modérateur au besoin. Henri II

1. Nous pourrions citer également les chapiteaux timbrés d’une F, qui présentent un caractère tout particulier.L’un d’eux est reproduit en tête du précédent chapitre ; il appartient à l’extérieur de la chapelle Saint-Saturnin.

2. « Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France, au prévost de Paris ou son lieutenant, salut. Parce que nostrecher et bien amé maistre Jean de Lorme, que nous avons naguère pourveu de l’estât et office de maistre général de nosœuvres de maçonnerie comme vacquant par le trespas de feu maistre Gilles le Breton, dernier paisible possesseur d’icelluy, etc.Donné à Saint-Germain-en-Laye, le 24' defebvrier 1552. » Comptes des bâtiments du Roi } t. I er , p. 272.

3. « Il muratore, che aveva ordinato tal cosa. » Qp. cit.

4. Le 31 mars 1547.