ILE-DE-FRANCE:
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grande cheminée élevée par le célèbre architecte 1 , vers 1552, peu après la mortde Gilles le Breton, se trouvait acquérir une élégance et une majesté que lui ontfait perdre tant soit peu les lourdes colonnes doriques imaginées il y a quaranteans 2 . Ils accompagnaient merveilleusement les riches feuillages qui figurent entête de ce chapitre et justifiaient le rétrécissement du foyer qui, dans l’état actuel,n’a plus de raison d’être 3 .
Quand nous aurons dit maintenant que cette cheminée par l’emploi presqueexclusif des éléments architectoniques, au moins dans la partie supérieure, inau-gure en semblables constructions une ère complètement nouvelle, que le tempsn’était plus où, comme dans l’ancien appartement du roi, on semblait vouloirlutter pour le caprice de l’ornementation et la finesse des détails avec certainsmeubles décoratifs 4 5 , rien ne nous empêchera plus de continuer notre promenadeautour de la cour Ovale et d’aborder enfin la porte Dorée qui, régulièrement,eût dû nous attirer tout d’abord. En effet, c’est par là que débute le devis de 1528et tout porte à croire que par là également furent commencés les travaux.François I er avait hâte de transformer l’ancienne entrée du château qui présentaitun aspect trop sévère et ne répondait plus aux aspirations du moment. Qu’avait-on besoin désormais de grosses tours percées de meurtrières et couronnées demâchicoulis, de porte défendue par une herse et précédée d’une barbacane ? Lesesprits étaient aux fêtes et aux plaisirs et non plus à ces guerres fratricides qui,naguère encore, faisaient presque partie de la vie de chaque jour. Aussi, parexception, voyons-nous sur ce point qu’ordre fut donné de tout abattre et démo-lir s . Rien ne devait entraver l’architecte dans ses dispositions qui comportaient, àchaque étage, une sorte de loggia entre deux avant-corps d’une très faible saillie 6 .
1. Philibert de l'Orme affirme lui-même sa participation à cet ouvrage (. Instruction de monsieur d'Yvry, etc., p. 54)et les Comptes ; du reste, lui donnent pleinement raison. Sous la date de 1555 nous lisons en effet : « Guillaume Rondel,maistre paintre à Paris, confesse avoir fait marché et convenu à messire Philbert de Lorme.... de paindre et dorer d or finla grande cheminée de la salle du bal de Fontainebleau et estoffer d’or fin les molleures et enrichissemens taillez à laditecheminée, ès lieux plus necessaires et convenables, selon le devis et dessein qu’il dit luy avoir esté fait monstre par leditarchitecte. 11 Comptes des bâtiments du Roi, t. I er , p. 284.
2. Il était d’autant plus facile de restituer les anciennes figures disparues a l'époque de la Révolution, que Philibertde l’Orme, dans le tome premier de l’Architecture : p. 221 v°, a reproduit l’une déliés.
3. On ne s’explique pas, en effet, aujourd’hui qu’il y ait pour ainsi dire deux cheminées l’une dans l’autre, car rienne serait plus facile que de trouver, au moyen de colonnes engagées, les montants dont on ne peut se passer. Mais avecdes statues il en était tout autrement et Philibert de l’Orme, il faut l’avouer, s est très habilement tiré dune situationextrêmement délicate.
4. La cheminée de la galerie Henri II est d’un goût purement français, bien que les éléments dont elle se composesoient pour la plupart empruntés à l’architecture antique ; celle de l’appartement de François I r , au contraire, est évidem
ment conçue sous l’influence du Rosso et autres maîtres italiens. ^ .
5. Et premièrement fault abattre et démolir le vieil portail de l’entrée dudit chasteau. » Comptes des bâtiments u 01,
t. I er , p. 25.
6 . « Sur le devant dudit portail, aux costez d’icelluy, fault faire et ériger hors œuvre deux petites tours carrez pourservir de cabinets. » ld._, p. 26.