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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Car, frappé de la beauté du paysage dont on jouissait en cet endroit, avant leprolongement des bâtiments de la cour de la Fontaine, il avait, en ouvrant delarges et profondes arcades, voulu ménager le moyen de le contempler à loisir.

Du reste, le dessin placé sous les yeux du lecteur permet d’étudier en détailcette partie du château qui fut, pour ainsi dire, le coup d’essai de Gilles le Breton \C’est là que, pour la première fois, il fit usage de ces « contrepilliers par de-hors œuvre, garnis de chapiteaux de façon honeste », dont nous avons déjà eul’occasion de préciser le caractère; qu’à la séparation des étages il accusa de puis-santes moulures, bien plutôt faites pour rappeler les bandeaux du moyen âge queles entablements de l’antiquité 1 2 ; qu’en un mot, tout en tenant compte du temps oùil vivait et des nécessités qui lui étaient imposées, il continua la tradition « du mau-vais style français », pour parler comme Benvenuto Cellini 3 . Il est vrai que cemodèle achevé de vantardise, dont l’orgueil n’allait à rien moins qu’à se placerau-dessus des plus grands sculpteurs de Rome et d’Athènes 4 5 6 , avait un projet toutpréparé qu’il espérait bien exécuter un jour. Tandis que le roi s’était borné à luidemander de figurer, au-dessus de la porte, dans l’hémicycle en anse de panier, lanymphe de Fontainebleau, il avait, quoi qu’il en dise s , pris à tâche de bouleversertoute l’économie du projet primitif. C’est ainsi que les parties curvilignes étaientramenées à la forme rectangulaire, d’où la nécessité malencontreuse, pour remplir lesangles supérieurs, de représenter deux Victoires, une torche à la main, qui jouaientun rôle assez singulier au milieu de toutes sortes d’animaux sauvages, mêlés auxchiens braques et aux lévriers. Puis, comme soutiens au linteau de la porte, au lieude colonnes, le grand artiste prétendait donner des satyres ou quelque chose d’ap-prochant, car, il l’avoue lui-même, sa conception ne présentait rien de bien défini <î .

Hâtons-nous de le dire, cependant, ce projet ne fut pas exécuté 7 .

1. Commencé le 28 avril 1528, le pavillon de la porte Dorée était terminé le 31 mars 1532. Comptes des bâtimentsdu Roi, t. I er , p. 57.

2. «Et faire aussy les arquitraves, corniches et entablemens de pierre de taille de grez. » Id. } p. 27.

3. « In prima avevo fatta la porta del palazzo di Fontana Beliô ; e per non alterare, il manco ch’io potevo, l’ordine déliaporta che era fatta a detto palazzo, quai era grande e nana di quella- loro mala maniera franciosa, la quale era l’aperturapoco più d’un quadro, e sopra esso quadro un mezzo tondo istiacciato a uso di un manico di canestro. » Vita, lib. III, cap. vi.

4. Il faut lire à ce sujet le passage où il raconte que les statues antiques dont nous avons parlé furent exposées, lemême jour que son Jupiter, dans la galerie de François I er , à Fontainebleau. Op. cit, lib. III, cap. vm.

5. «Io detti bellissima proporzione al vano detto di sopra; dipoi posi sopra il detto vano un mezzo tondo giusto'. »Vita, lib. III, cap. iv.

6. « Dalle bande feci cerd piacevoli risalti, sotto i quali nella parte da basso, che veniva a corrispondenza di quelladi sopra, posi uno zocco, e altrettanto di sopra; e in cambio di due colonne, che mostrava che si richiedesse secondo lemodanature fatte di sotto e di sopra, avevo fatto un Satiro in ciascuno de siti delle colonne.... Sebbene dico Satiri, quesdnon avevano altro di satiro che certe piccole cornetta e la testa caprina; tutto il resto era umanaforma. » Id.,Yib. III, cap. vi.

7. Nous en avons la preuve dans la forme de la porte qui est restée telle que Gilles le Breton l’avait conçue. Quantà la Nymphe de Fontainebleau, qui devait en occuper le tympan, après avoir été utilisée par Philibert de l’Orme dans ladécoration du château d’Anet, elle est entrée au Louvre en 1806.