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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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lui attribuer. Pour tous, la grenade placée dans sa main symbolise la concordequi, grâce aux sages mesures prises dès le début de son règne, n’a cessé d’existerentre les différents corps de l’État 1 .

Viennent ensuite douze autres compositions mythologiques qui, suivant lePère Dan 2 3 , feraient allusion à la piété, au courage, à l’adresse, aux amours et auxvictoires de François I er . Seulement, sur ce point, nous craignons que le célèbretrinitaire ne se soit laissé entraîner un peu loin par son imagination. Lorsqu’il dit,par exemple, que le Combat des Centaures et des Lapithes rappelle la bataille deCérisoles, il oublie qu’une action, accomplie en 1544, ne saurait avoir été connued’un artiste décédé depuis trois ans à cette date. De même, est-il vraisemblableque, dans la scène du Naufrage, il faille voir un souvenir du désastre de Pavie?Certes, ici les dates ne viendraient pas à l’encontre de cette opinion; mais il noussemble que le Rosso avait d’autres circonstances à choisir dans la vie de son pro-tecteur. Et puis, que signifient, dans cet ordre d’idées, la Mort d’Adonis, Jupiteret Sémélé 3 ou 'Vénus châtiant VAmour? Lorsqu’un artiste s’impose la tâche quel’on indique, il la poursuit jusqu’au bout et surtout il ne s’efforce pas de rendreson dessein tellement obscur que les générations futures soient embarrassées pourle comprendre et l’expliquer.

Dans leur état actuel ces fresques, pour la plupart, ne rappellent que d’unemanière bien éloignée ce qu’elles durent être à l’origine. Mais, comme Vasari asoin de nous dire que le Rosso se contentait de fournir les cartons, laissant à d’autresle reste de la besogne 4 5 6 , il y a moins de raison de se tourmenter au sujet des restau-rations qui ont été faites, principalement au siècle dernier et dans le nôtre s . Pourtoutes les compositions, nous avons l’esprit du maître et, en outre, quatre d’entreelles conservent la seule chose qui lui appartienne en propre, la pureté et l’élégancedu dessin 0 . On en jugera par le spécimen que nous plaçons sous les yeux du

1. Père Dan, Trésor des Merveilles, p. 91. — Frédéric Reiset, Niccolo dell’Abbate, p. 8.

2. Trésor des Merveilles, p. 93.

3. Cette fresque n’existe plus depuis Louis XIII; une Diane occupe aujourd’hui sa place.

4,. « E dopo, in un vano grande, fece dipignere col suo disegno (se bene ho inteso il vero) circa, etc. », et plusloin : « Facendo esso, corne ho detto, tutti i disegni, che furono d’acquerello et di chiaroscuro. » Vitadel Rosso.

5. Vers 1730, Jean-Baptiste Vanloo, aidé de son fils Louis-Michel, refit presque entièrement cinq fresques sur qua-torze (le Roi François I er tenant une grenade, la Piété filiale de Cleobis et Piton, la Mort d Adonis, la Fontaine de Jouvenceet le Combat des Centaures et des Lapithes). Trois autres (le Naufrage, l’Embrasement de Catane et l Éléphantfleurdelisé) sont, pour la plus grande partie, l’œuvre de Louis Couder qui fut chargé dune nouvelle restauration sousLouis-Philippe.

6 . Ces fresques sont ainsi dénommées : Protection accordée aux Lettres et aux Arts par François / er ; Venus châ-tiant l’Amour; Chiron instruisant Achille et l’Appareil d'un sacrifice. Reste une derniere composition (celle qui figurait Jupiteret Sémélé a disparu, nous l’avons vu, depuis deux siècles environ et on ne saurait la compter que pour mémoire), Danae,que l’on prétend généralement avoir été substituée par le Primatice à la Nymphe de Fontainebleau, du Rosso. M. Reiset,avec juste raison, croyons-nous, combat cette assertion. Loin d’occuper la place de la Danae, la Nymphe faisait pendant a