Band 
Tome I.
Seite
219
JPEG-Download
 

ILE-DE-FRANCE.

2 IC)

de Laurent Regnauldin 1 , sommes-nous autorisé à croire que l’on a fait jusqu’iciune trop grosse part à l’ingérence étrangère. Sans doute rien n’a été exécutéen dehors du Rosso, qui a tout disposé, tout ordonné, peut-être même tout des-siné ; mais, pour la plupart, ceux qui furent appelés à travailler sous la directiondu maître appartenaient à notre pays. C’est un Orléanais, Francisque Pellegrin 2 3 ,qui figure en tête de chaque compte relatif aux « ouvrages de stucq et painture »exécutés « en la grande gallerie », et la. somme qu’il reçoit indique assez enquelle estime on le tenait 5 . Puis viennent deux Parisiens, Simon Le Roy etClaude Badouyn, dont les noms mériteraient également de figurer au premierîang 4 . La facilité avec laquelle ils adoptèrent un genre qui, pour eux, devait êtresi nouveau, ne laisse pas que de paraître prodigieuse, et véritablement il faut bienadmettre que, depuis longtemps, une forte éducation artistique les avait préparésà toute éventualité s .

Les travaux étaient commencés depuis un an à peine, que déjà l’on pouvaitsonger à l’exécution des fresques. Ce temps, relativement court, avait suffi pourmener à bonne fin, au moins sur un espace assez étendu, les larges encadrementsqui nous étourdissent par leur exubérante richesse. Dès le mois de mars 1536, eneffet, il est question d’achats de couleurs sur le futur emploi desquelles aucuneincertitude ne saurait subsister 6 . Le moment est venu où vont entrer en lice lesartistes italiens dont parle Vasari, car, si le Rosso, tant qu’il s’était agi de modelermême les figures les plus difficiles et du relief le plus puissant, n’avait eu qu’àchoisir parmi les descendants de nos vieux imagiers, il eût été quelque peu enpeine de trouver des peintres capables de répondre immédiatement à ses désirs.D’ailleurs, il n’y a point à s’y tromper, et sous les noms de Dominique Florentin,Lucas Romain, Berthelemy de Myniato, Francisque Cachenemis et Jean-BaptisteBaignequeval, qui se rencontrent maintes fois dans les Comptes, se cachent évi-demment Domenico del Barbiere, Luca Penni, Bartolomeo Miniati, Francesco

1. » A Laurens Regnauldin, aussi paintre florentin, la somme de 170 livres pour trois mois quinze jours qu il avacqué es ouvrages de stucq.. » Comptes des bâtiments du Roi, t. I er , p. 89. — « A Laurens Regnauldin, paintre et imager,

pour avoir vacqué esdits ouvrages de paintures et stucq, etc. ». Id., p. 107.

2. L’identification de Francisque Pellegrin avec l’artiste indiqué par Vasari sous le nom de « maître François d Orléans »

est absolument certaine.

3. Il recevait 20 livres par mois, autant que Laurent Regnauldin.

4. Il nous a été impossible de retrouver dans les Comptes le nom du quatrième artiste indiqué par Vasari. Peut-être« maestro Lorenzo Piccardo » n’est-il autre que « Laurens Bioulle, imager », dont il est question, p. 194, a propos de tra-vaux indéterminés ?

5. L’habileté des artistes français est constatée dans un autre passage de Vasari, à propos des belles fontes obte-nues à Fontainebleau par le Primatice . « Ma non tacero che ebbe il Primaticcio, in fare le dette statue, maestri tantoeccellenti nelle cose del getto,che quell’opere vennero non pure sottili, ma con una pelle cosi gentile, che non bisogno quasirinettarle. » Descripone, etc.

6. Comptes des bâtiments du Roi, t. I er , p. 96.

57