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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
se fit progressivement et sans secousses. Quant aux constructions qui s’élevèrenten dehors de ces diverses influences, il est bien certain quelles furent ennombre très restreint. Surtout, loin d’être groupées dans des régions déter-minées, elles se présentent isolément, un peu de différents côtés.
C’est donc, en quelque sorte, un spectacle surprenant que de rencon-trer, au nord de Paris, en parcourant l’espace compris entre la route deSenlis et celle de Pontoise, presque à chaque pas' des églises de la Renais-sance. Nous ne citerons que les principales : Luzarches, l’Isle-Adam, Mafïliers,Belloy, le Mesnil-Aubry, Sarcelles et Goussainville. Toutes sont remarquables àplus d’un titre et, comme on pouvait s’y attendre, un étroit lien de parentéles unit. Quant au fait même de cette sorte d’épanouissement artistique, àun moment donné, sur le sol qui nous occupe, il s’explique assez facilement.Nous sommes dans cette « presqu’île de France » qui fut le berceau desMontmorency 1 , au centre des riches et beaux domaines, possédés depuis long-temps par l’une des plus illustres familles dont l’histoire ait conservé le sou-venir 2 3 4 .
Et puis, il ne faut pas l’oublier, aux vertus guerrières, celui que l’ons’est plu à appeler le grand connétable joignait non seulement d’incontes-tables talents d’administrateur et de politique 5 , mais encore le goût le plusprononcé pour les lettres et les arts*. Sous ce rapport, du reste, il ne fai-sait que suivre la voie indiquée par son père, le baron Guillaume, que nousavons vu, dans ses derniers jours, occupé à rajeunir le château de Chantilly.
Quoi qu’il en soit, ces deux puissants seigneurs ne se bornèrent pas àtravailler pour leur agrément, et tout le pays se ressentit de leur fécondeinitiative. C’est ainsi que, dès 1525, nous voyons s’élever à Montmorency unenouvelle église s , destinée à remplacer la vieille collégiale, qui depuis plusieurs
1. L'inscription de la statue élevée, sur la terrasse de Chantilly, au fils du connétable, Henri de Montmorency,portait ces mots :
In. peninsvla. franciae. galliar. corcvlo.
Natali. momorantjae. famil. solo.
Ducliesne : Hist. génèalog. de la maison de Montmorency } p. 454.
2. Brantôme parle quelque part des « belles remarquables maisons qui escheurent à M. le connestable, commeMontmorency, Escouan, Chantilly, Hsle-Adam et force autres ». Hommes illustres.
3. « Il entendoit très bien les finances et les a bien faict gouverner de son temps. Il estoit fort politiq et pour la
paix et pour la guerre, s Brantôme, op. cit.
4. Brantôme raconte que par son ordre « fut translatée du latin en françois la guerre de Catilina de Salluste «. Ils’agit, sans doute, de la traduction publiée, en 1528, par Jehan Parmentier, de Dieppe. C’est la première qui ait paru ennotre langue.
5. La date exacte de cet édifice est connue par les vers inscrits sur le portrait de Guillaume de Montmorency,jadis placé dans le chœur de la collégiale et maintenant conservé au Louvre, sous le n° 655 de la collection des maîtresfrançais. « Le vieux baron, dit M. Villot, est représenté avec des cheveux blancs, la tête vue de trois quarts, tournée à