ILE-DE-FRANCE.
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siècles abritait les cendres des premiers barons chrétiens. Seulement, dans seslignes générales, cet édifice est encore franchement gothique 1 , et, pour trouverquelque chose qui nous intéresse véritablement, il faut abaisser le regard surl’élégante clôture du chœur dont les fines arabesques rappellent la meilleureépoque du règne de François I er . Conformément à ce qui s’est pratiqué par-tout ailleurs, l’invasion a commencé parles objets en quelque sorte mobiliers.Aussi, de ce côté, rien ne rappelle plus les temps antérieurs, tandis que lemonument proprement dit se contente de faire pressentir le changement quise prépare en étalant des formes où se manifeste une moins grande intelligencedu style employé.
Du reste, pour être bien convaincu que le parti pris dont nous avons établil’existence ne tenait aucunement au manque de savoir ni à certaines difficultésd’exécution, il suffit de se transporter dans le petit village de Belloy, à peude distance de Luzarches. Là, en effet, l’église fut dotée, vers 1540, d’une façadenon seulement conçue suivant les données nouvelles, mais encore de beaucoupen avance sur tout ce qui se faisait alors dans notre pays. C’est la première fois,croyons-nous, que l’on s’est emparé d’un ordre réduit pour en composer unebalustrade. En outre — et nous appelons l’attention sur ce point, — desbucranes enguirlandés alternent immédiatement au-dessous avec des rosacesou des patères à ombilic. Si les triglyphes n’apparaissent pas encore dans cettesorte de frise, il en faut chercher la cause dans la nécessité de donner plus delargeur à la galerie supérieure. Mais les consoles qui les remplacent sont émi-nemment classiques, en sorte que, dans la circonstance, le retour vers l’an-tiquité est aussi complet que possible.
Si nous tenons à faire remarquer tous ces détails, c’est qu’ils ont pour nousune importance considérable. Ils sont comme la signature de celui qui a con-
droite et dégarnie au sommet. Il joint les mains et porte par-dessus un vêtement rouge, un autre vêtement en velours noirgarni de fourrure et ouvert sur les manches. On lit, dans la partie supérieure du tableau, le mot APLANOS (pourAllAANOs) et sous le portrait l’inscription suivante :
Kie haro» de Montmorency.
Momme Guillaume, près ainsi.
(|uest ey pourtraict. ÜVan mil en date,fimj eentz vingt et oing pour bon aote.
Eediffya oe temple ïcy ».
Ce portrait, suivant M. de Montaiglon, dont nous partageons parfaitement le sentiment, « est un admirable morceau depeinture française, plus large et plus puissant que les morceaux mêmes de Janet». Bibl. de l’école des chartes , 1851,p. 274.
1. A la mort de Guillaume de Montmorency, en 1531, l’église était loin d’être achevée; à peine atteignait-elle lamoitié des dimensions actuelles. C’est le connétable, vers 1563, qui fît reprendre la construction abandonnée et lacontinua à peu près dans le même style. A l’extérieur, en effet, il est assez difficile de saisir les deux époques dont nousparlons; mais, intérieurement, on ne saurait se méprendre sur la date plus récente des clefs de voûte et des chapiteaux.