ILE-DE-FRANCE.
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gardé, jamais peut-être leurs noms n’eussent seulement frappé nos oreilles 1 .
Quoi qu’il en soit, il est difficile maintenant de ne pas se demander à quelleoccasion Louis de Silly et sa femme prirent la résolution de faire continuer lestravaux de l’église de Vétheuil, interrompus depuis de longues années 2 . Si nousne nous trompons, c’est à un heureux événement de famille que l’édifice estredevable de son dernier complément. Le seigneur de la Roche-Guyon, bienque marié en IQ9, était demeuré sans héritier jusqu’en 1551. Mais à cettedate, la naissance d’un fils, en venant combler tous ses vœux, dut forcémententraîner avec elle de nombreux actes de générosité. Rien n’empêcherait même,dans le cas présent, de croire à des promesses faites par avance, car il s’agitd’une église consacrée à la Vierge et qui, alors comme aujourd’hui, était le butd’un pèlerinage fréquenté. Loin de contredire cette opinion, le style employé,d’ailleurs, soit dans la partie supérieure de la façade, soit dans le portique méri-dional, ne fait, au contraire, que lui donner plus de poids. Nous sommes bienen présence d’une construction qui rappelle le milieu du xvi e siècle. Et puis, est-ce faire preuve de trop de hardiesse que de supposer à l’artiste, qui a semé surles murs des dauphins à profusion, une intention secrète que chacun devinaitfacilement? Cet emblème, autrement, n’eût eu aucune raison d’être joint au crois-sant de Henri II, et Louis de Silly, en faisant sculpter le chiffre dont il aété question au début, avait suffisamment affirmé sa loyauté envers le souve-rain. Donc, tout ici parle en faveur d’une sorte d’ex-voto; nous avons sous lesyeux un monument dont l’achèvement fut décidé en un jour d’allégresse, pourcélébrer la venue d’un enfant d’autant mieux accueilli, qu’il avait été plus long-temps attendu.
Quant au nom de l’architecte chargé de répondre au désir qu’on lui expri-mait, il s’impose à nous, pour ainsi dire, dès le premier instant. En iqi, JehanGrappin, qui venait de terminer le portail de Saint-Gervais, était libre de sontemps et nul doute qu'il ne jouît alors d’une grande réputation dans toute lacontrée. Aussi la pensée se reporterait-elle vers lui immédiatement, quand bienmême sa manière ne serait encore rappelée par une foule de détails. C’est là
1. Pas plus que l’abbé Amaury, M. Alphonse Durand ne parle des deux lettres indiquées. Cependant, il semblequelque peu avoir soupçonné la vérité, lorsqu’après la mention obligée du concours prêté par le roi de France à l’achèvementde 1 église, il ajoute ces mots : «11 est probable que les grandes familles du pays s’associèrent à ce projet et contribuèrenta son exécution; la présence de leurs armoiries sur la façade et sur la porce principale semble du moins prêter à cette inter-prétation . » (Archives de la commission des monuments historiques.)
2. Tout porte a croire que la date de 1533, inscrite sur une fenêtre de la sacristie, indique l’époque où eut lieul’interruption dont nous parlons. Les trois nefs, dans leur ensemble, contrairement à l’opinion de l’abbé Amaury (op. cit .,p. 16), étaient alors achevées, et la façade occidentale atteignait déjà la hauteur des bas-côtés.
II.
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