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Tome II.
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ILE-DE-FRANCE.

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Châmbigez », ne laisse aucun doute sur l’origine des toitures en terrasse quidonnent au château de Saint-Germain en Laye un caractère si particulier. Quelquechagrin que la chose puisse occasionner aux partisans de l’influence italienne, ilfaut bien se rendre à l’évidence et reconnaître la main d’un architecte françaisdans cette prétendue innovation. Car — on semble trop l’oublier — la plupartdes édifices élevés, durant le moyen âge, soit en Provence, soit en Auvergne, pourne citer que ces deux provinces, étaient couverts au moyen de rangs de dallessuperposées. Et ce qui, dans le midi et dans le centre, se présentait comme la règlegénérale, ne laissait pas que d’être pratiqué un peu partout à titre d’exception.Des terrasses existent non seulement sur les bas côtés des églises de Chaumont etde Poissy, par exemple, mais encore sur ceux de Notre-Dame de Paris 1 . PierreChambiges n’a donc pas eu besoin de chercher au loin ses modèles ; il s’en trouvaitautour de lui en nombre suffisant. D’ailleurs, on a bien tort de croire que cethabile architecte ait attendu d’être appelé à reconstruire le château de Saint-Germain en Laye pour rompre, dans un édifice important, avec la tradition destoitures aiguës et des hauts pignons. Les gravures de Du Cerceau à la main, il estfacile de prouver que le système de couverture, dont le plus brillant spécimen adonné prise à ce débat 2 3 , avait été inauguré à Challuau plusieurs annéesauparavant.

En dernier lieu, s’il est vrai que les Italiens aient abusé des tirants pour empê-cher l’écartement des murs, chaque fois qu’ils ont eu à jeter une voûte sur unespace tant soit peu considérable, il ne s’ensuit pas que partout où se rencontrecette marque de faiblesse il faille immédiatement songer au peuple le moins con-structeur des temps modernes. La seule chose extraordinaire que l’on puissesignaler à Saint-Germain en Laye, c’est l’emploi à demeure 5 6 de ce qui était usitéchez nous, au moyen âge, comme moyen provisoire, dans les édifices à trois nefs,de maintenir la poussée des voûtes basses sur les piles intérieures, avant leur char-gement 4 . Néanmoins, quand on considère, d’un côté, à quelle hauteur sont bandésles arcs 5 , la largeur des divers corps de bâtiments* 5 , le poids énorme des terrasses en

1. Viollet-le-Duc, Dict. rais. v°. Dallage, t. V, p. 20-24.

2. « Et est ceste terrace, a ce que ie croy, la première de l’Europe, pour sa façon, et chose digne d’estre veüe etconsidérée. # Les plus excellents basnments de France.

3. « Vray est, qu’à chascun montant y a une grosse barre de fer, traversant de l’un à l’autre, avec gros cramponspar dehors, tenant lesdites voultes et murailles liees ensemble, et fermes. » Du Cerceau, op. cit.

4. \ iollet-le-Duc, Dict. rais. v°. Chaînage, t. II, p. 402-404.

5. « En aucuns corps de ce logis », dit Du Cerceau, « y a quatre estages. En celuy de l’entree y en a deux, dont ledeuxiesme est une grande salle ». Les plus excellents basnments de France.

6. « Les derniers estages sont voultez : chose grandement à considérer, à cause de la largeur des membres(12 mètres). » Du Cerceau, op. cit.