Band 
Tome II.
Seite
40
JPEG-Download
 

40

LA RENAISSANCE EN FRANCE.

pierres de liais que les voûtes devaient supporter 1 , de l’autre l’impossibilité où setrouvait l’architecte de chercher extérieurement les points d’appui dont il avaitbesoin pour faire face à toutes les résistances, le -parti adopté dans la circonstancene paraît plus étonnant. D’ailleurs, il faut bien reconnaître qu’il n’en était pas àSaint-Germain en Laye comme dans la plupart des édifices italiens ; « les barres defer » qui nous occupent après tant d’autres en ce moment, loin de traverser aucunepièce d’apparat, se trouvaient reléguées dans les combles, sous les yeux des gensde service qui ne s’inquiétaient guère de leur présence. Dans la pensée de PierreChambiges, les voûtes qui recouvraient le dernier étage avaient uniquement pourbut de procurer une solide assiette au promenoir aérien dont le magnifique pano-

PLAN DU CHATEAU DE SAINT-GERMAIN EN LAYE.

rama, déroulé par les rives de la Seine en cet endroit, eût au besoin suffi à justifierla construction. On comprend mieux alors la négligence apportée dans l’applicationdes règles de l’art, car avant tout il fallait songer à ce qui constituait de sérieusesconditions de solidité.

A l’exception de la chapelle qui semble avoir été construite durant la minoritéde saint Louis, c’est-à-dire vers 1230 environ 2 , les parties du château antérieuresau xvi e siècle ne remontent pas au delà du règne de Charles V 3 . Encore de cette

1. « Sur ces voultes et par tout le dessus du circuit du basdment est une terrace de pierres de liais, qui fait la couver-ture, lesquelles portans les unes sur les autres, et descendant de degré en degré, commencent du milieu du hault de la voulte unpeu en pente, iusques à couvrir les murailles. » Du Cerceau, op. cit. — C’est le cas de faire remarquer que les terrasses deSaint-Germain en Laye sont absolument analogues aux couvertures d’église dont nous avons parlé, au lieu de présenterune surface plane comme en Italie.

2. Cf. Viollet-le-Duc, Dict. rais ., t. II, p. 430-432.

3. Quelques années après l’incendie de 1346, qui détruisit la plus grande partie du château.