ILE-DE-FRANCE.
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ériger les histoires de deffaitte de la journée de Sérisolles », il avait, de son habileciseau, figuré toutes les péripéties de la brillante campagne qui inaugura le règnede François I e ". C’est lui qui, afin de faire connaître les difficultés vaincues dansle passage des Alpes par une armée nombreuse et munie d’une pesante artillerie,a placé sous nos yeux des ouvriers occupés à démonter des canons qu’ils enlèventà l’aide de cordages suspendus à une chèvre, tandis que les chevaux dételéspaissent tranquillement à côté. Plus loin nous assistons à la célèbre journée deMarignan où François I er eut à lutter contre les redoutés bataillons suisses qu’ex-cite encore la présence du cardinal Schiner, évêque de Sion 1 2 3 . Les dernièresscènes enfin nous montrent l’armée française défilant avec un irrésistible entrainsur le pont qui conduit dans Milan et prenant hardiment possession de la placeavant même que les Impériaux l’aient complètement abandonnée.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit relativement au genre desculpture employé. Du reste, dans la circonstance, Pierre Bontemps n’était paslibre de suivre sa propre inspiration et il y aurait injustice de notre part à luireprocher de s’être conformé au programme qui lui était imposé. Mais s’il subissaitle contre-coup de l’enthousiasme excité par les bas-reliefs du tombeau deLouis XII, il faut bien dire que nul plus que lui n’était digne d’entrer en lutteavec Antoine Juste. A notre avis même, tous les avantages sont de son côté et laverve dont témoignent la plupart des compositions que nous venons d’indiquerrend seule acceptables ces mille détails de la vie des camps directement placéssous nos yeux. On pardonne également l’exagération des effets pittoresques,quand on voit avec quel naturel et quelle finesse d’observation sont traitéesdifférentes scènes que le ciseau ne semblait pas devoir aborder. Car, sans riensacrifier des principes, la plus sévère critique peut élargir le cercle de ses élogeset favorablement accueillir toutes les formes du beau’.
Du reste, Pierre Bontemps a bien d’autres titres à notre admiration que lesbas-reliefs du soubassement. Le document cité plus haut se termine, en effet, parces mots d’une extrême importance : « Et outre ce, sera tenu faire deux prianspour messieurs les feus Daulphin et duc d’Orléans, enfans dudit feu roy, en la
1. O11 remarquera que la bataille de Marignan figure en tête du tombeau, tandis que, du coté opposé, nousretrouvons celle de Cérisoles. N’y a-t-il pas là une visible intention d’indiquer que tout le règne de François I se trouvecompris entre ces deux brillants faits d’armes?
2. Le prélat est à cheval au second plan et, comme un nouveau Moïse, il tient les mains levées pendant que lecombat est le plus fortement engagé.
3. En réalité, les bas-reliefs, comme ceux du tombeau de François I er , devraient toujours etre rehaussés par lacouleur; mais nous avouons qu’à Saint-Denis ce procédé, bien souvent pratiqué au xvi° siecle, eût été d un emploi difficileet il ne semble pas que l’on y ait jamais songé.