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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

sorte qu’ils ont été arrestez par le modelle \ » Ailleurs il est question d’une troi-sième statue, celle de Louise de Savoie, mère de François I er , qui aurait étéégalement commandée au même artiste 2 : « A maistre Pierre Bontemps, sculpteur,la somme de 60 livres pour faire et parfaire en marbre tant les figures de madamela Régente que celles de feus messieurs le Daulphin et d’Orléans pour mettre àla sépulture du feu roy François 3 . » D’où il serait déjà permis de soupçonner quetoutes les statues de « prians », rangées sur la plate-forme du monument, ont unecommune origine. Mais voici une pièce qui tranche, à notre avis, définitivementla question : « Françoys Marchand et Pierre Bontemps., sculteurs et ymaigiers,demeurant à Paris, confessent avoir eu receu comptant de maistre Simon Grille,trésorier des menuz- affaires de la chambre du Roy, commis par ledit seigneur àtenir le compte et faire le payement des fraiz de la construction de la sépulturedu feu Roy, la somme de troys cens trente-sept livres dix sols tournois, à eulxordonnés par M e Philibert Delorme, conseillier, aumosnier du Roy et son archi-tecte, commissaire commis par ledit seigneur sur le faict de la construction, suret tant moins de leur marché ès ouvraiges de sculture des eflygies des feux Royet Royne derniers deceddez, 4 oultre les autres sommes de deniers qu’ils ont cydevant reçeues pour semblable cause, de laquelle somme de III e XXXVII 1 X solstournois lesdits Marchand et Bontemps se tiennent pour contents et quictentledit maistre Simon Grille, commis susdit, et tous autres, promettants, obli-geants, renonçeants; fait et passé l’an mil V e quarante-neuf, le samedi onzièmejour de janvier 5 . »

A qui Philibert de l’Orme aurait-il confié le soin de représenter le roi et lareine agenouillés et vivants si ce n’est au vaillant artiste qui les avait si merveil-leusement figurés étendus sur un sarcophage et montrant les atteintes de la mort ?La chose encore se comprendrait dans le cas où Pierre Bontemps se fût dès lorsretiré devant un nouveau sculpteur; mais il n’en est pas ainsi, puisque nous levoyons peu après accepter de « faire et parfaire » les deux derniers priants. Donctoutes les statues en question sont certainement son ouvrage et l’on ne comprendguère qu’il y ait jamais pu avoir hésitation sur ce point. Quant à François Mar-

i. Comptes des bâtiments du roi , t. I er , p. 329.

3. Cette statue ne semble pas avoir jamais été exécutée, soit que Philibert de l’Orme ait promptement renoncéà lui trouver une place avantageuse, soit que, par suite d’un changement dans la direction des travaux, la suppression enait été décidée.

3. Comptes des bâtiments du roi , t. I er , p. 353.

4. Le mot effigies est ici opposé à celui de figures employé dans les précédents documents. Le premier s’appliqueaux gisants et le second aux priants.

5. Archives de l’art français } t. IX, p. 349-350.