LA RENAISSANCE EN FRANCE.
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Dans la pensée de Catherine de Médicis, autour du tombeau de Henri IIdevaient se ranger ceux de ses quatre fils 1 . Seulement la misère et les troublesde la seconde moitié duxvi 6 siècle empêchèrent la réalisation de ce dessein; aucundes derniers princes de la maison de Valois n’eut de monument à Saint-Denis.Comme compensation, il est vrai, la vieille reine songea de nouveau, en 1583, àse faire représenter à côté de son époux. Ordre fut donné de fournir à GermainPilon les blocs de marbre nécessaires 2 et le célèbre sculpteur dont le talent allaittoujours grandissant ne tarda pas à compter deux chefs-d’œuvre de plus 3 . On peutmême dire que dans ces effigies royales, revêtues du costume de leur dignitéet couchées sur un lit d’apparat en bronze non patiné 4 , se trouve résolu ledifficile problème de faire accorder la richesse avec la beauté. Sans doute lepremier coup d’œil est pour l’admirable rendu des étoffes dont un goût délicatne laisserait pas de reprocher l’exagération, l’esprit est d’abord captivé par lamerveilleuse exécution des ornements de toute sorte prodigués peut-être avectrop d’abondance, particulièrement sur le corsage de la reine; mais bientôt onne voit que le sentiment de majesté empreint dans chaque personnage, l’accentde vérité des têtes, le caractère enfin de fidélité historique qui fait de ces deuxstatues de rares et précieux portraits 5 .
VII
Nous avons déjà parlé du cardinal Louis de Bourbon, qui s’était fait con-
1. « Di ordine del quale (Charles IX) e délia reina madré ha dato principio alla sepoltura del detco re Enricofacendo nel mezzo d’una capella a sei facce la sepoltura di esso re, ed in quattro facce la sepoltura di quattro figliuoli. »Vasari, Descn\ione delP opéré di Francesco Primaticcio.
2. A. de Boislisle, la Sépulture des Valois } p. 273.
3. « Le Cavalier n’a point parlé des figures de bronze qui sont au tombeau de Henri second, mais des gisantsqu’on voit dans un lieu à côté, dont l’un est Henri second en manteau royal. Il a dit que la figure était belle, que lemarbre dont elle est est un vrai marbre statuaire, et que le roi avait une physionomie grande. » Journal du voyage ducavalier Bernin en France, dans la Ga\ette des Beaux-Arts , t. XXIII, 2 e période, p. 278-279.
4. Il en est au moins de même aujourd’hui, mais il est vrai que le lit est moderne.
5. D’autres statues destinées à la chapelle des Valois se voient actuellement en divers endroits de Paris, mais toutesavaient un caractère essentiellement religieux. Ce sont d’abord les Deux Soldats gardiens du sépulcre , catalogués au Louvresous les n 01 196-197, et considérés longtemps comme l’œuvre des frères Marsy, sculpteurs de la seconde moitié duXVII e siècle. M. Courajod, dans un savant mémoire publié en 1878 ( Deux Epaves de la chapelle funéraire des Valois) } apéremptoirement démontré que ces marbres sortaient de l’atelier de Germain Pilon et si on ne peut les attribuer au maîtrelui-même, au moins sont-ils de l’un des sculpteurs qui gravitaient dans son orbite. Quant au Christ ressuscité } conservémaintenant dans l’église Saint-Paul-Saint-Louis et faisant partie du groupe précédent, il se rapproche davantage des œuvresauthentiques que nous connaissons, bien que l’on ne puisse également rien affirmer à son sujet. Au contraire, la Viergede pitié de la même église et le Saint François recevant les stigmates, qui se voit dans l’église Saint-Jean-Saint-François,rue Chariot, au Marais, où il est entré en 1816, ont indiscutablement Germain Pilon pour auteur. Cf. L. Courajod, op.cit., p. 27 et 28.