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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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facile que de suivre levolution qui se produit en eux. Encore nous compren-drions que les choses se fussent passées comme on le prétend, s’il ne s agissaitpas de la merveille que nous admirons. Mais un homme capable de traiterl’architecture de la Renaissance avec un pareil talent n’en est assurément pasà ses débuts, et s’il a déjà sacrifié à la nouvelle école, s’il a fait ses preuvesau grand jour et se voit considéré comme un maître, croit-on, d’un côté, qu’onait pu lui demander de renoncer quelque temps à ce qu’il savait si bien exé-cuter, de l’autre que son esprit d’abnégation se soit trouvé assez grand pour sesoumettre à de semblables exigences ? Donc l’absence de transition si sensible àtous les yeux, pour peu qu’on examine avec attention l’intérieur des chapelles,a une autre origine que le singulier volte-face dont on nous entretient. Leprolongement de l’église Saint-Pierre, autorisé par Louis XI 1 et suspendudurant un demi-siècle, nous ne savons pour quelle cause, aura été entrepris,à la date indiquée, par un architecte demeuré inconnu 2 . Puis vers 1525ou 1526, quand déjà commençait à s’élever un chœur assez peu différent de ceuxdu xv e siècle, la mort, frappant un de ses coups imprévus, vint arracher ladirection de l’œuvre aux mains attardées dont nous avons trouvé les traces.C’est alors qu’Hector Sohier entre en scène et sans s’occuper de ce qui avaitété fait avant lui, poursuit la réalisation d’un nouvel idéal. Caen, déjà si richeen merveilles de l’architecture, en comptera désormais une de plus. La Renais-sance, à la suite du moyen âge, a voulu s’affirmer dans cette ville privilégiéeet nous devons avouer qu’elle y a pleinement réussi 3 .

Chaque maître a une manière de faire qui lui est propre. Il affectionne par-dessus tout certains détails qu’il reproduit à satiété et qui sont comme la signa-ture de ses œuvres. Aussi, là où l’on trouve telle ou telle particularité très carac-téristique, est-il permis de se prononcer avec certitude ; on possède, pour ainsidire, l’équivalent d’une pièce d’archives et nul doute que si des découvertesimportantes se produisent plus tard, elles ne viennent confirmer le premier senti-ment. Or, à propos du chœur de Saint-Pierre, sans parler du système de voûtesqui n était pas praticable en beaucoup d’endroits, nous avons déjà signalé parmi

1. « Louis XI permit aux marguilliers (étant à la Délivrande) de faire avancer dans la rivière, au delà du mur de laville, ce îond-poinct qui étoit commencé alors et qui ne fut achevé que longtemps après. » Les Origines de la ville de Caenpar Huet. Rouen, 1706, p. 194.

2. Peut-être pourrait-on évoquer à ce sujet le nom de Biaise Le Prestre qui demeura, on le sait, fidèle aux anciennespratiques.

3. La date de 1530 qui se lit dans un cartouche, au-dessus d’une fenêtre, n’indique pas la fin des travaux (A. Joly,op. cit. } p. 15). Pour qu il en fut ainsi, il faudrait qu’elle figurât soit sur un des contreforts, soit sur un des pinaclesdu pavillon octogonal. Suivanc toutes probalités, le chœur de Saint-Pierre ne dut être terminé, au plus tôt, qu’en 1535.