NORMANDIE.
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rien là qui puisse faire soupçonner une origine étrangère \ D’ailleurs, ceux quiont mis en avant semblable opinion se sont bien gardés d’établir une différenceentre les fenêtres du nord et celles du midi. A plus forte raison leur a-t-iléchappé que ces dernières se subdivisent en deux catégories bien distinctes, l’unecomprenant trois verrières d’un ton général assez froid, où les clairs dominent 1 2 ,qui a ses analogues dans la haute nef de Saint-Martin d’Argentan; l’autre, aucontraire, d’un tiers moins considérable 3 , qui, par son coloris puissant et sesgrandes masses empourprées, rappelle les admirables panneaux cachés derrièrele chœur, dans un étroit collatéral de la même église 4 .
D’après cela nous sommes autorisé à penser que dans la région centrale dela Normandie a fleuri une école de peinture sur verre dont malheureusementle lieu d’installation est encore à trouver. Ses produits les plus remarquables nese rencontrent pas seulement à Argentan et à Alençon, mais à Pont-Audemer 5 6et à ConchesL Si le dessin est moins pur, la composition moins habile que dansles vitraux sortis de l’atelier des Le Prince, l’effet, au premier abord, est peut-être plus irrésistible encore et l’on se sent électrisé par ces teintes sonores dontl’équivalent se chercherait vainement ailleurs.
Les petits panneaux de Saint-Martin d’Argentan ont, suivant nous, uneimportance extrême, car le désir de les imiter a conduit au genre tout particulierque l’on admire dans les églises bâties à l’imitation de Tillières, principalement auxenvirons de Bernay. Ces deux caractéristiques sont l’emploi très abondant d’unrouge légèrement orangé et une certaine sécheresse de dessin qui n’exclut pas ce-pendant l’élégance des formes. Rien ne pouvait être mieux trouvé pour s’harmo-niser avec l’architecture de Serquigny et de Beaumont-le-Roger ; aussi l’artiste,entre autres mérites, présente-t-il celui d’avoir tenu compte de la place que sesœuvres devaient occuper. Mais une manière une fois adoptée ne se change pasfacilement et l’éloge précédent n’a pas également sa raison d’être à Conches 7 età Pont-Audemer 8 . Quoi qu’il en soit, dans le dernier endroit, il nous est impos-sible de ne pas accorder un juste tribut d’éloges à la grande verrière qui, avec un
1. JJOrne archéologique et pittoresque , p. 289, pa.de d’un « ardste suisse donc le peuple montre le portrait au basde la cinquième fenêtre à gauche », c’esc-à-dire du côté nord.
2. Les deux verrières où figurent des scènes de la vie de la Vierge ont été fortement restaurées; quant à la troi-sième qui représente la Crucifixion, elle est demeurée à peu près intacce jusqu’à ce jour.
3. Les sujets sont, d’un côté, la Présentation au Temple, et de l’autre, Jésus au milieu des docteurs.
4. Tous ces vitraux, de dimensions très pecites, reproduisent les principaux épisodes de la vie de saint Marcin.
5. Légende de Saint-Ouen, dans la première chapelle au sud.
6. Vitrail de la Manne.
7. Présentation de Jésus au temple.
8. Légende de saint Nicolas et verrière mystique.