NORMANDIE.
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cée un peu plus bas : ANNO DOMINI XX. Quoi qu’il en soit, depuis trenteans il est convenu que le peintre-graveur allemand, Henri Aldegrever, faisantpreuve d’une précocité qui l’honore, a exécuté, en i ç 20, tout au moins les cartonsdes vitraux en question. Pour un ouvrage de cette importance et que l’on tenaità cœur d’avoir aussi parfait que possible, on se serait adressé à un jeune homme dedix-huit ans *, habitant une contrée fort éloignée de Conches et complètementinconnu, à la date indiquée, même dans la Westphalie, sa patrie. Car c’estpour la place qu’ils occupent que les différents sujets ont été composés et nousn’avons pas affaire, comme il arrive trop souvent, à des modèles courants, sansdestination précise. Si l’on ne veut tomber dans des invraisemblances ou des im-possibilités, il ne reste donc, à proprement parler, que deux partis à prendre : ladate assignée à l’ensemble des vitraux doit être rajeunie de dix ans ou tout ce quel’on peut légitimement attribuer à Henri Aldegrever se restreint au panneau quiporte son nom. Nous l’avouerons volontiers, toutes nos préférences sont pourune diminution apportée au rôle prépondérant dont on faisait honneur au maîtreétranger. Très probablement il n’est l’auteur que du groupe de saints rangésdans la zone inférieure de la deuxième fenêtre de gauche, et c’est ce qui expliquela surprise de Charles Lenormant ne trouvant pas dans les vitraux de Conches,pour ainsi dire, trace de l’influence allemande a . Il est vrai que cela ne l’em-pêche pas, quelques lignes plus loin, d’affirmer que si les plus habiles peintresverriers de la Normandie sont arrivés à produire quelques œuvres relativementbelles, ils le doivent à l’impulsion donnée à leur art dans la circonstance 1 2 3 4 . Ehbien, n’en déplaise au savant membre de l’Institut que nous avons nommé, lesvitraux jusqu’ici mis au compte du moins avancé parmi les élèves d’Albert Dürer*sont loin de tenir la première place dans l’église de Conches. L’admiration dontils ont été l’objet tient uniquement, semble-t-il, à ce qu’on croyait pouvoir lesrattacher à l’une des écoles classées de longue date. Mais sur ce point il fautmodifier les idées reçues et, partant, être plus juste pour les artistes connusou inconnus dont nous sommes appelés à juger les travaux 5 .
1. Né à Soest en 1502.
2. Edmond Lévy, op. cit. ; p. 146.
3. « Il semble que les plus habiles peintres verriers de la Normandie, en décorant à l’envi les chapelles latérales deConches, aient voulu rivaliser avec le jeune maître allemand qui leur avait en quelque sorte ouvert les voies de la grandepeinture historique. » Op. cit.
4. Manuel de l : histoire de la peinture, par G.-F. Waagen, 1863, t. II, p. 63.
5. Les verrières de Conches ont été, dans ces derniers temps, l’objet d’une maladroite restauration. Certainesparties ne sont plus reconnaissables et l’on se demande s’il ne valait pas mieux les laisser dans le malheureux état d’autre-fois que de leur faire subir une semblable mécamorphose. Nous ne parlons pas des inscriptions métriques, en vieux françaisdu temps de François I' r , complétées de la façon la plus bizarre, sans égard pour la rime ni la mesure.
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