NORMANDIE.
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hommages, et on lui réserve une place à ce point sacrifiée 1 . Quant à la statuequi représentait le défunt vivant et debout, revêtu de tous les insignes de sadignité, en arrière du sarcophage où il est étendu mort et à peine recouvertd’un linceul, si, véritablement, elle a jamais existé 2 3 , sa perte ne nous semble pastrès regrettable. Rien ne réclame sa présence et la figure à cheval du premierétage est parfaitement suffisante pour répondre à tout ce que l’on peut désirer.Ajoutons que les cartouches destinés à contenir des louanges en vers et en proseauxquelles nous n’avons rien à redire eussent été en partie dérobés à la vue.Ce n’était pas la peine alors de les décorer avec tant de soin.
A propos du tombeau de Louis de Brézé on a prononcé le nom de JeanGoujon qui, suivant quelques-uns, aurait fait dans la circonstance œuvre d’archi-tecte et de sculpteur. Mais pareille opinion n’est pas soutenable. De ce que lescolonnes corinthiennes du rez-de-chaussée ressemblent à celles placées au-dessousde l’orgue, à Saint-Maclou*, il ne s’ensuit pas que les unes et les autres soientde la même main. Au lieu de formes caractéristiques sur lesquelles on puisses’appuyer avec quelque vraisemblance, nous ne voyons là que des modèles cou-rants, pour ainsi dire, dont l’exécution plus ou moins parfaite ne présente riend’absolument décisif. Du reste, si Jean Goujon, avec le talent que nous luiconnaissons, eût donné le plan du monument, il se fût réservé sans doute autrechose que l’exécution de simples chapiteaux. Or qui oserait jamais lui attribuer,nous ne disons pas seulement les cariatides conçues d’une manière si étrangèresà la sienne, mais la Vertu complexe qui figure à la partie supérieure 4 5 ou la statueéquestre du sénéchal ? Quant à la Vierge, n’eût-on pas démontré qu’elle étaitl’œuvre de Nicolas Quesnel s , que sa médiocrité en ferait justice aussitôt et il enest de même du marbre agenouillé de Diane de Poitiers. Reste le gisant quipeut fournir matière à discussion. Cette sculpture, en réalité, est digne dumaître et rien n’empêcherait d’en faire honneur à Jean Goujon 6 . Toutefois, jus-
1. En pendant se voit, à gauche, la statue de Diane de Poitiers.
2. Cf. Tombeaux de la cathédrale de Rouen , par A. Deville, 1833, p. 109.
3. Ces dernières sont incontestablement du maître, ainsi qu’il résulte d’un document publié par A. Deville ( op. cit. }p. 126). En outre, nous savons que Jean Goujon fît, pour la cathédrale, le projet d’un portail et d’une fontaine, sanscompter qu’en 1541, Georges II d’Amboise s’adressa à lui pour l’exécution de sa statue.
4. Cette statue réunit tout au moins les attributs de la Prudence, de la Tempérance et de la Justice, c’est-à-dire leserpent, le mors et l’épée. Mais est-elle assise sur un buisson d’épines, ainsi que le prétend A. Deville (op. cit., p. 118),ce qui pourrait être interprété comme le symbole de la quatrième vertu cardinale, la Force? Nous n’avons pu le vérifier.
5. A. Deville, op. cit. } p. 112.
6 . Les dates elles-mêmes ne se refuseraient pas à cette attribution, car nous savons qu’à l’époque où fut commencéle monument, c’est-à-dire vers 1536, le grand sculpteur habitait la ville de Rouen. Tout était terminé au plus tard en1544. Cf. A. Deville, op. cit. } p. 123-125.
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