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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
qu’à nouvel ordre, nous croyons qu’il est bon de ne pas se prononcer sur cepoint 1 .
Où la main du grand sculpteur se reconnaît, au contraire, d’une manièreincontestable, c’est dans la partie supérieure de la petite porte de Saint-Maclou 2 .Les figures au second plan, qui se détachent en faible relief et symbolisent, dit-on, trois des quatre saisons 3 , ont trop de ressemblance avec les nymphes de laFontaine des Innocents, à Paris, pour ne pas revendiquer une même origine. Ledocument si heureusement retrouvé il y a quelques années 4 ne peut s’appliquer àautre chose, du moins ne voyons-nous que les statues placées en avant et quireprésentent saint Jean-Baptiste, saint Jean l’Évangéliste, Moïse et Abraham, dontle faire permet d’élargir le cadre des attributions à peu près certaines. Mais, sui-vant nous, tout le reste doit être abandonné, tant à cause du style, qui est trèsdifférent, que par suite de la difficulté de ramener Jean Goujon à Rouen, aprèsque, sur l’invitation de Pierre Lescot, son domicile eût été transféré à Paris vers lalin de 1541. Car les portes de Saint-Maclou, projetées dès le milieu du règne deFrançois I er , n’étaient pas même achevées à la mort de FJenri II 5 . Soit que l’ar-gent fit défaut, soit pour tout autre motif, il semble que d’abord les travaux neprirent qu’un faible développement. La véritable période d’activité, après une inter-ruption d’au moins quinze années, doit s’étendre de 1555 à 1560. Et comme legoût s’était un peu modifié durant ce temps, la sculpture, naturellement, s’inspirades nouvelles idées, devint plus grasse et plus abondante, sacrifia la légèreté à larichesse et, pour satisfaire certaine passion exagérée de luxe, oublia quelque peudans quelles limites elle pouvait se mouvoir.
Nous ne le dissimulerons pas; en effet, les portes de Saint-Maclou, nonob-stant les éloges qu’on leur a prodigués, sont loin de réaliser le modèle du genre.La partie inférieure est trop chargée d’ornements, et en aucune façon on ne sauraitadmettre la nécessité de cette proéminente console qui vient couper la composi-tion vers son milieu et donne asile à des statuettes isolées dont on ne s’expliqueguère la présence à pareil endroit. Puis, ne trouve-t-on pas que le grand médail-
1. Outre l’ouvrage si souvent cité de A. Deville, on peut encore consulter Y Art architectural en France, par A. Darcel,1866, t. I er , p. 19-24. Une planche double, dessinée par E. Rouyer, donne une élévation du monument qui ne mesurepas moins de 7 m , 30 sur 3 m , 25. On a remarqué avec raison que, dans l’ensemble de la composition, le marbre noir et lemarbre blanc alternaient avec une affectation un peu puérile.
2. Celle dite des Fonts, au côté nord de la façade.Elle n’a qu’un seul battant, tandis que les autres, beaucoup pluslarges, sont divisées verticalement en deux parties égales.
3. Le printemps, l’hiver et l’été, si nous en croyons M. Paul Baudry. « L’automne fait défaut, dit-il, comme sil’artiste eût voulu dire que le chrétien ne moissonne qu’au ciel. « Cf. Rouen illustré, 1880 , p. 58.
4. Flistoire de l’église et de la paroisse de Saint-Maclou de Rouen, par l’abbé Ouen-Lacroix, 1846.
5. Cf. Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure, par l’abbé Cochet, 1872, p. 405.