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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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XIII

Les conditions géologiques de la Bretagne, nous l’avons déjà remarqué,étaient peu favorables à un grand développement artistique. Toute sculpturetant soit peu délicate ne peut s’obtenir avec du granit, et le découragement devaitinévitablement s’emparer de ceux qui, par avance, entrevoyaient les résultatsdonnés par l’ingrate matière mise à leur disposition. Quant à la ressource fourniepar le kersanton, elle était très restreinte, car, outre que cette roche ne se ren-contre pas partout, qu’il faut l’aller chercher à l’extrémité de la Cornouaille,entre Daoulas et la mer 1 , sa dureté est telle, peu de temps après avoir été tiréde la carrière, que la taille en devient très difficile. Aussi ne l’employait-onqu’avec parcimonie et dans un rayon assez peu étendu. Au delà de Saint -Thégonnec, d’un côté, et de Quimper, de l’autre, il n’en est plus question.

Ces détails, croyons-nous, suffisent amplement à expliquer pourquoi, dansla construction des jubés, on n’a pas suivi l’exemple donné au Folgoat. Les res-sources, pas plus que la bonne volonté, ne faisaient défaut dans la plupart descas ; mais, à une époque où les transports offraient de grandes difficultés, l’éloi-gnement était un obstacle presque insurmontable. Du reste, bien que remar-quable par la finesse de son grain et une certaine force de résistance qui permetde le débiter en morceaux d’une longueur considérable par rapport à son épais-seur, le kersanton se trouvait plus propre à reproduire les découpuresde l’époque flamboyante que les ornements légers et capricieux de celle de laRenaissance. C'était la pierre qu’il fallait aux architectes du xv e siècle, et nousconvenons bien volontiers que le jubé du Folgoat constitue une œuvre aussidistinguée par l’élégance de ses proportions que par la richesse sagement mesuréede ses ornements. Mais, à moins de s’attarder dans des imitations toujours dan-gereuses, on n’eût pu que difficilement arriver, cent ans plus tard, à présenterquelque chose de satisfaisant.

Ne nous plaignons donc pas de la nécessité où se sont trouvés les Bretons,

1. Il paraît que, depuis quelques années, on a découvert un filon de kersanton, à l’est de Châteaulin, entre Château^neuf et Pleyben.