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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
inutile, au-dessous de la galerie, par l’absence de stalles à dissimuler, nous avonspartout une élégante claire-voie. Les fidèles, tout en demeurant dans la nef,peuvent suivre les cérémonies du culte, se tenir en communication avec leclergé, qui, pour faire entendre certains chants, n’a pas besoin d’une haute tri-bune, à peine séparée de l’autel par quelques mètres seulement.
En Bretagne, on le voit, les jubés présentent un caractère particulier qu’ilétait bon de faire connaître. Le bois se prêtant à tous les caprices, on n’étaitpas embarrassé pour découper de grands panneaux, gironner un escalier, multi-plier culs-de-lampe, dais et pendentifs. Des clôtures d’une merveilleuse légèreté ser-vent de support à des galeries travaillées, sur leurs deux faces, avec une délicatessede ciseau véritablement incomparable. Pour se faire une idée de la perfectionque l’art peut atteindre en ce genre, il faut surtout visiter Lambader. La sculp-ture d’ornements est rarement allée plus loin et l’on ne saurait trop se féliciterde la bonne fortune qui a conservé presque intact un pareil chef-d’œuvre.
A Kerfons, nous avons affaire à une main plus faible, bien que l’exécutionsoit encore très satisfaisante. Du reste, l’entente des différentes parties serait à peuprès la même si, à la balustrade, du côté de la nef, ne figurait une série desaints régulièrement rangés dans des niches 1 . Le maître qui a dirigé la composi-tion s’est proposé évidemment de donner à son œuvre un intérêt artistique plusconsidérable en rejetant, au moins sur l’une des faces, l’ornementation pure ausecond rang. C’est le point de départ d’une innovation qui devait, dans la suite,avoir un grand succès, car nous retrouvons des statues ainsi disposées à Saint-Herbot, à Sainte-Avoye, à la Roche-Maurice. Même, dans le dernier endroit,on ne tient plus compte des considérations pourtant fort sensées qui ont guidéjusqu’alors. Les deux côtés sont ornés suivant des données absolument iden-tiques, et, si ce n’est que les apôtres ont mieux leur place, vers le public 2 , rienn’empêcherait de retourner le jubé au besoin.
La substitution du bois à la pierre, qui n’a pas toujours produit des chefs-d’œuvre 5 , s’imposait, avons-nous dit, aux édifices religieux dont les ressourcesétaient limitées. Quant à ceux, au contraire, qui n’avaient pas à compter avecla dépense, qui pouvaient faire venir de loin les matériaux les plus propres àla sculpture, ils usaient tout naturellement des facilités mises à leur disposition.C’est ainsi que nous voyons à Sainte-Croix de Quimperlé, adossés au mur de
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1. Ils sont au nombre de quinze : le Christ, les Apôtres, sainte Barbe et sainte Madeleine.
2. Chacun d’eux est censé rappeler un article du Credo ; par conséquent, leur présence entraîne l’adhésion des fidèlesà ce qui constitue le fondement de la doctrine de l’Eglise.
3. Par exemple, à la Roche-Maurice où le jubé, sous le rapport de la sculpture, laisse beaucoup à désirer.